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UEMOA Mali : Les forces de sécurité disposées à alléger les tracasseries routières sur le corridor Dakar-Bamako
Publié le 6 septembre 2010 à 11h19

(APS) - Les responsables des forces de sécurité de la région de Tambacounda (est) ont fait part samedi de leur volonté de lutter contre les pratiques anormales le long du corridor Dakar-Bamako, en collaboration avec les usagers de cet axe.

"Si vous voyez des agents qui font de mauvaises pratiques, signalez-le nous. Nous allons prendre les dispositions qui s’imposent", a indiqué le commissaire divisionnaire Bassamba Camara, chef de la Police urbaine de Tambacounda.

M. Camara s’exprimait lors de la présentation du 12-ème rapport trimestriel de l’Observatoire des pratiques anormales (OPA), en présence du directeur des transports, Dramé Seck, de responsables de syndicats de transporteurs, de chauffeurs, du représentant de l’USAID, Makhtar Seck, du responsable du service régional des transports terrestres, entre autres.

Les pratiques anormales font allusion aux nombreux contrôles sur les corridors inter-étatiques de l’Uemoa, les perceptions de taxes illicites ou "rackets" de la part d’agents de contrôle routiers encore connus sous l’expression tracasseries routières. Autant de facteurs qui entraînent des retards dans le transport des marchandises et renchérissent leur coût à l’arrivée.

L’OPA a mené des enquêtes du 1-er avril au 30 juin 2010 sur six corridors que sont Tema-Ouagadougou, Ouagadougou-Bamako, Lomé-Ouagadougou, Bamako-Dakar, Abidjan-Ouagadougou et Abijan-Bamako.

Le Sénégal occupe la troisième place sur les six pays enquêtés par l’OPA en termes de rackets sur axes routiers inter-Etats de la CEDEAO, selon le rapport.

"Au Sénégal, c’est la Gendarmerie qui rackette le plus, suivie de la Police, de l’Immigration et de la Douane", poursuit ce document. Le présentateur du rapport Amadou Bâ, a noté que tous les 100 km, il y a trois contrôles au Sénégal et 4.000 F CFA payés en dehors de toute règlementation. Soit 25.000 à 30.000 FCFA entre Dakar et Kidira" (682 km). Sur cette somme,13.000 francs sont versés à la Police et 12.000 à la Gendarmerie.

"C’est des perceptions illicites, parce qu’environ 700 chauffeurs enquêtés (sur 3.000) sont en règle", a-t-il dit, même s’il a reconnu que ces derniers doivent payer des amendes en cas d’infraction. Les perceptions illicites, l’aspect le "plus préoccupant", ne peut être réduit qu’à travers la réduction des points de contrôle qui, en même temps entraînera celle des risques que soient versées des taxes non réglementaires, a-t-il dit.

Le colonel Ismaïla Sarr, commandant de la Légion de Gendarmerie Est a jugé "normal" que le rapport considère la Gendarmerie comme étant le "plus corrompu", selon ses termes, des corps en charge du contrôle routier, d’autant plus qu’elle est déployée sur l’ensemble du territoire, avec un effectif plus important.

Il a expliqué que ce déploiement a commencé après les évènements sénégalo-mauritaniens et que la présence de la gendarmerie sur le corridor n’a rien à voir avec les transports de marchandises inter-Etat qui se sont développés par la suite. "Ce sont les gros-porteurs qui nous ont trouvé sur la route", a-t-il insisté, tout en promettant que les contrôles seront "allégés" dans la Légion Est, autant pour les véhicules maliens que sénégalais.

"On a pris des mesures pour que les contrôles soient allégés, mais ils ne vont pas disparaître", a-t-il assuré Ismaïla Sarr, avant d’ajouter : "on ne dérogera jamais à l’impératifs de sécurité". Evoquant les braquages qui caractérisaient certains tronçons du corridor, il a mis en garde contre le risque que les routes deviennent impraticables du fait de coupeurs de route.

L’adjoint au gouverneur Abdourahmane Ndiaye qui présidait la rencontre avait aussi attiré l’attention sur la nécessité de faire en sorte "que la sécurité ne puisse pas pâtir de la réduction des points de contrôle".

D’après Ismaïla Sarr, la Légion compte ramener le nombre de points de contrôle à "un seul", mais qui ne sera pas fixe. Tout agent qui se pré-positionnera à un autre endroit s’exposera à des sanctions, a-t-il promis, en appelant à la collaboration des transporteurs. Il a souligné que ses portes sont ouvertes à tout transporteur qui s’estime lésé.

A ces derniers, il aussi recommandé de tâcher d’être en règles et dès lors de refuser à verser de l’argent à n’importe quel agent, quitte à se rendre avec lui au poste de commissariat. "Mais si vous faites vos petites combines là-bas, nous qui sommes dans nos bureaux on n’en sait rien", a-t-il noté.

Beaucoup de transporteurs ont déploré ce qu’ils considèrent comme du deux poids deux mesures entre les chauffeurs maliens ménagés, à leurs yeux, et les Sénégalais qui seraient beaucoup plus inquiétés sur la route.

 
 
 
 
   
 
 
 
 
 
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