Bientôt achetez votre magazine préféré en ligne
Inscrivez vous pour être alerté dés la disponibilité de ce service.
 
 
 
Afrique Afrique : Forum sur la révolution verte - Faire du continent un producteur agricole à l’échelle mondiale
Publié le 8 septembre 2010 à 10h28

(Walfadjri) - Le premier forum sur la révolution verte en Afrique s’est tenu, ce week-end à Accra, au Ghana. Cette rencontre, qui se veut une plate-forme continentale d’accroissement de la production alimentaire en Afrique, compte ainsi anticiper sur les crises agricoles cycliques et les émeutes de la faim.

L’Afrique s’est réunie à Accra pour étudier les modalités pouvant booster sa productivité agricole. Cette initiative de l’ancien secrétaire général des Nations unies, Koffi Annan, appelant, en 2004, le ’réseau public-privé à catalyser la révolution verte africaine’, est mise en pratique en 2006. Une finalisation qui, en définitive, est la résultante de la réussite de trois conférences tenues à Oslo, en 2006, 2007 et 2008. Ce forum, qui se veut un large plateau d’échanges et contribution financière, réunit plusieurs centaines de ministres, d’entrepreneurs, de représentants d’organisations agricoles, d’organismes internationaux, de banquiers et d’experts. Un panel qui devrait étudier les mécanismes de financement et d’encadrement de l’agriculture africaine. Car, selon Koffi Annan, il convient de dépasser la sécurité alimentaire et de se fixer de nouvelles ambitions consistant, pour le continent, à exporter. Et pour y parvenir, les différents experts trouvent qu’il est primordial de passer d’une agriculture de subsistance à celle commerciale.

Mais, le principal objectif visé par ce forum d’Accra a consisté à favoriser les investissements, tout en accroissant la production alimentaire en Afrique. C’est pourquoi, à ce cocktail de participants, se sont joints le secteur privé local, des agences de développement ainsi que de grandes firmes mondiales. Des leviers qui constituent un véritable ’catalyseur pour la révolution verte africaine’. Pourtant, cette idée selon laquelle l’agriculture représenterait un soubassement incontournable dans le développement de l’Afrique a émergé lors de la déclaration de Maputo de 2003. Une rencontre de sursaut durant laquelle les chefs d’Etat africains ont promis de consacrer au moins 20 % de leurs budgets nationaux à l’agriculture. Et il faut dire que c’est cette dynamique qui a donné naissance à une Alliance pour une révolution verte en Afrique en 2006.

Mais c’est surtout la crise alimentaire de 2008, avec son lot d’émeutes sur le continent, qui a contribué à accélérer les réflexions. D’où la nécessité de ne pas perdre de temps sur l’application effective des recommandations. Les toutes récentes émeutes contre la vie chère, qui viennent d’avoir lieu au Mozambique sont des signaux d’avertissement forts à l’endroit des gouvernants africains. Mais toujours est-il que l’objectif majeur de cette rencontre demeure l’atteinte effective de l’indépendance alimentaire africaine. Et, par-delà, faire en sorte que l’Afrique puisse être un grenier solide à l’échelle mondiale. C’est ainsi que des techniques traditionnelles, conçues dans les années1960, sont reprises par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale. Cette structure compte reprendre l’expérience du ’jardin potager africain’ développée au Bénin et au Niger.

Des problèmes d’actualité ont été également posés par les nombreux experts présents à cette rencontre d’Accra. Il s’agit, entre autres, de la délicate question de l’Accord de partenariat économique (Ape) qui remet au goût du jour l’aspect de la protection des producteurs. ’Les accords de l’Organisation mondiale du commerce nous ont enlevé la protection aux frontières. Nous importons jusqu’à 40 % de notre alimentation, nous n’avons pas de marché régional ni continental. Il faut nous laisser avoir des marchés régionaux et développer la recherche. Fondamentalement, cela implique une protection aux frontières de nos cultures vivrières’, a plaidé Mamadou Cissokho, le président d’honneur du Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (Roppa). Car, en réalité, toutes ces initiatives de développement supposent des circuits adéquats pouvant protéger les producteurs locaux.

Abdoul Aziz Agne

 
 
 
 
   
 
 
 
 
 
La presse africaine Les liens utiles