(Notre Voie) - Depuis les deux dernières campagnes, les coopératives ne bénéficient plus de soutien financier de la filière. Ce faisant, elles ne sont plus compétitives face aux multinationales qui disposent de liquidité conséquente.
Ainsi, le Conseil national des sages de la filière café-cacao (Cns), organe représentatif des intérêts des producteurs, présidé par le doyen Georges Blehoué Aka, a-t-il recommandé au Comité de gestion d’apporter un appui financier aux coopératives. C’est l’une des principales résolutions de la déclaration que le Cns a produite, le mardi 31 août dernier, au siège de cette structure à Cocody. Pour plus d’efficacité, le Cns souhaite la mise en oeuvre urgente du projet d’assainissement et de renforcement des capacités des coopératives mis en veilleuse depuis le lancement du programme 2QC en février 2009.
Il s’agit de leur permettre d’être à niveau à l’effet de lutter vaillamment contre les multinationales du cacao et réduire la présence de celles-ci au bord champ. En contrepartie, au titre de la commercialisation, les producteurs se doivent de livrer leurs produits dans les magasins Sifca Coop. Ainsi, le financement des coopératives pourra se faire avec le minimum de risque. La déclaration lue par le secrétaire général du Cns, Jacques Kanga, note également le renforcement des mécanismes de suivi de la commercialisation, et la suppression de la table de réfaction ou la mise en oeuvre d’un mécanisme d’analyse des produits qui garantisse la transparence et rassure les coopératives sur la qualité des produits livrés.
Au titre de la sacherie, il est suggéré le renforcement du suivi de l’opération de distribution de la sacherie, l’ajustement de la tare au poids réel des sacs (en effet, le poids retenu au pesage par sac est d’1 kilo contre un poids de 800 g la campagne dernière), la livraison des sacs dans les centres d’approvisionnement avant l’ouverture de la campagne. Les sages de la filière recommandent aussi la prise en compte de l’ensachage du café dans l’approvisionnement des magasins, et l’amélioration de la qualité des sacs.
Pour le doyen Bléhoué Aka, toutes ces recommandations ont pour objectif de s’assurer que tout sera mis en oeuvre pour garantir une bonne campagne cacaoyère. Il a tenu à féliciter les coopératives pour les efforts déployés en dépit des difficultés. Il a indiqué que malgré le manque de financement par la filière, certaines coopératives ont su maintenir leurs activités et poser de nombreuses actions sociales et de développement en faveur des producteurs. Pour lui, ces coopératives et toutes celles qui affichent de bonnes intentions de travailler pour le bonheur des paysans doivent être encouragées et financées.
La nouvelle campagne de commercialisation du cacao s’ouvre en octobre prochain.
J-S Lia