(L’Indépendant) - Le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest en partenariat avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONODC) et le ministère de l’Economie et des Finances a organisé, hier, à l’hôtel Salam, un séminaire sur l’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (LBC/FT) au Mali. L’objectif était de spécifier les rôles et les responsabilités des acteurs concernés.
Cette stratégie à moyen terme (5 ans) vise à lutter contre le blanchiment d’argent provenant des activités criminelles afin de créer des conditions propices à l’investissement soutenu par un système financier performant et fiable qui favorise le développement équilibré.
Cette stratégie est élaborée dans un contexte de mise en œuvre du Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (2007-2011) et l’arrivée à terme du Programme Economique et Financier (2004-2007).
En effet, l’élaboration d’une stratégie nationale LBC/FT pour le Mali va consister à répertorier les vulnérabilités de son système, d’analyser les menaces et risques inhérents à son environnement afin de préconiser des actions à entreprendre à court et moyen termes et de spécifier les rôles et responsabilités de chaque partie prenante au dispositif national de LBC/FT.
Le document de stratégie nationale va représenter la feuille de route à suivre par les autorités nationales et leurs différents partenaires en vue de guider, d’évaluer les actions concrètes mises en œuvre dans le cadre de la politique LBC/FT du pays.
Par ailleurs, il faut souligner que sans une stratégie nationale claire et un plan d’action pertinent, le GIABA ne peut guère soutenir efficacement les efforts de LBC/FT.
Le responsable du Département chargé de l’évaluation, la recherche et la documentation au GIABA, Mariam Ibrahim Touré, invite les acteurs nationaux à se mobiliser davantage pour financer ce document ainsi que les hautes autorités politiques pour procéder à son adoption afin de veiller à sa mise en œuvre. Elle a ensuite souligné l’impérieuse nécessité pour le Mali de transposer dans son ordonnancement juridique la directive de l’UEMOA qui inscrit le financement du terrorisme dont le projet de loi uniforme semble être à l’étude à l’Assemblée Nationale. En outre, le GIABA réitère son total engagement à encourager et soutenir les efforts de LBC/FT dans la région ouest africaine, notamment au Mali.
Selon le représentant de l’ONUDC, Ludovic D’hoore, les conventions des Nations Unies démontrent l’importance d’inclure cette dimension dans les efforts de lutte contre toutes les formes de criminalité graves qui constituent des menaces sérieuses, réelles et directes pour le respect de l’Etat de droit et des droits de l’homme ainsi que le développement économique et social. Elle invite à la vigilance tous les acteurs par rapport aux opérations visant à financer des groupes et des actes terroristes.
Falé COULIBALY