(REUSSIR) Des efforts ont été faits et restent encore à être faits dans certains domaines. C’est ce qu’indique en résumé le Secrétaire Permanent de la Stratégie de Croissance Accélérée (SCA). Dans cet entretien, Ibrahima Wade revient sur les grandes lignes du premier rapport sur la compétitivité de l’économie sénégalaise. Selon lui, l’accès au financement et le secteur financier reste un point faible de la compétitivité de notre économie.
Réussir : Quels sont les grandes lignes de ce premier rapport sur la compétitivité de l’économie sénégalaise ?
Ibrahima Wade : Ce n’est pas seulement une analyse interne. Nous l’avons fait avec un certains nombre de pays ou groupes de pays. Mais de manière concrète, c’est un travail qui nous a mobilisés pendant prés de deux ans durant lesquels nous avons fait un travail de collecte d’indicateurs qui a impliqué des acteurs, à savoir, la société civile, le secteur privé national, le monde de la recherche et l’université, même les médias ont eu à jouer un rôle dans l’élaboration de ce rapport. Il fallait passer en revue toutes les données et toutes les statistiques qu’il y avait tant sur le plan national que sur le plan international à travers des sources internationalement reconnues. Qu’elles soient du Fonds Monétaire, de la Banque Mondiale ou du Forum de Davos. Tout ce travail a été fait avec une approche méthodique qui a nous été inspirée par un cabinet américain, nous a permis de pouvoir faire ces études sur la base de ce cadre méthodique qui nous a permis d’analyser le positionnement du Sénégal par rapport à des rapports comme le rapport sur la compétitivité dans le monde qu’édite le forum de Davos.
Et quel le positionnement du Sénégal dans ce rapport ?
La position du Sénégal dans le classement du forum de Davos a légèrement évolué et de façon positive. Mais ce qui était intéressant, c’est que nous ne sommes pas restés sur le rapport du forum de Davos, nous avons analysé un certain nombre de déterminants. Dans ces déterminants, il y a le cadre juridique et règlementaire qui est communément appelé l’environnement des affaires, on a analysé aussi les exportations. Mais sur le premier déterminant, le Sénégal a fait certes d’énormes efforts, mais nous avons identifié un certain nombre d’indicateurs particuliers sur lesquels des efforts doivent être faits. Il s’agit de l’enseignement supérieur et la formation, de l’environnement du marché du travail et dans le cadre de la création d’entreprises. Nous les avons analysés et cela doit servir de cadre pour améliorer nos performances. Il y a aussi les exportations comme deuxième déterminant et nous avons constaté que d’une manière générale, la part du Sénégal dans les exportations mondiale connait une croissance de plus en plus significative, il y a certainement des efforts à faire sur certains secteurs traditionnels comme le secteur de la pêche et c’est ce qui fait l’objet de prise en charge dans la stratégie de croissance accélérée.
Et le secteur énergétique dans tout ça ?
Il y a les investissements qui constituent un troisième déterminant. On a remarqué qu’à ce niveau, en termes de volumes d’investissements, le Sénégal est très bien positionné, maintenant, le problème fondamental que le rapport a fait sortir, c’est une meilleure orientation de ces investissements dans les secteurs productifs. Il y a la question des infrastructures qui est corrélée à celle de l’énergie. Dans les infrastructures, il y a deux constats. Le premier, c’est que de 2000 à 2009, il y a une évolution croissante et progressive de ce qu’on a appelé le rattrapage du Sénégal dans le domaine des infrastructures. Le rapport montre qu’il y a encore des efforts à fournir, mais le rapport mentionne l’efficacité dans les infrastructures et à côté de cela, il y a la grande problématique de l’accès à l’énergie. Sous ces deux angles, le premier qui a été révélé par le rapport c’est la qualité de la fourniture de l’énergie et le coût d’accès aussi a été pris en charge par le rapport. Quand on a regardé la comparaison avec les autres pays, le Sénégal a énormément d’efforts à faire.
Heureusement, il y a le Plan Takkal qui fait l’objet d’une mise en œuvre rigoureusement planifiée. L’autre pilier sur lequel nous nous sommes fondamentalement appuyés, c’est l’accès au financement et le secteur financier. Sur cela aussi, on se rend compte qu’énormément d’efforts ont été faits mais il reste encore un point faible de la compétitivité de l’économie sénégalaise.
Recueillis par Oumar FEDIOR