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UEMOA APD/Coopération/Burkina Faso : réunion à Paris des bailleurs de fonds
Publié le 26 janvier 2012 à 18h57

(MTM) - Début février doit se tenir la table ronde des bailleurs de fonds à Paris. Cette réunion décidera de l’aide qui sera apportée au pays pour les prochaines années.

Grand rendez-vous des bailleurs de fonds qui soutiennent le Burkina, du 1er au 3 février 2012 à Paris. L’enjeu est de taille : il s’agit de définir la politique de coopération pour les prochaines années. Prévue initialement en 2011, la réunion a été reportée à cause des événements qui ont secoué le pays au premier semestre. Aujourd’hui tout est prêt. Il s’agit de s’entendre sur les fonds qui viendront soutenir la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) adoptée par le gouvernement en décembre 2010. « L’idée est de présenter la nouvelle stratégie du Burkina Faso, une stratégie vraiment ambitieuse et bien élaborée avec les objectifs à atteindre et les réformes à faire pour aboutir à une croissance accélérée et partagée. Mais aussi les opportunités d’investissement dans le pays », explique Galina Sotirova, représentante permanente de la Banque mondiale au Burkina Faso.

Nouveaux partenaires sollicités

La table ronde se tiendra dans les locaux de l’institution financière qui apporte son soutien financier et sa logistique. Pour autant, tout le monde est convié. « L’objectif est d’inviter des bailleurs de fonds traditionnels, mais aussi des non traditionnels, et notamment des pays émergents qui sont de plus en plus présents comme le Brésil, l’Inde ou la Corée et qui peuvent appuyer le pays financièrement, mais aussi à travers leurs expériences. Ce sont des sources d’appui qui ne sont pas encore utilisées », commente G. Sotirova. Le secteur privé international est également convié. Mais certains observateurs restent dubitatifs sur le potentiel de cet appel au privé et la mise en place de partenariats public-privé.

Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, a dévoilé lors de son discours de politique générale prononcé le 20 octobre 2011 les besoins financiers pour la SCADD, principal bras-ouvrier de l’action gouvernementale : « Elle coûtera globalement FCFA 7 496,2 milliards (hors charges de la dette), soit un coût annuel moyen de FCFA 1 499,24 milliards contre une capacité nationale annuelle moyenne de financement de FCFA 949,48 milliards. »

Playdoyer

Si les besoins sont identifiés, les bailleurs, eux, se font discrets. Les Européens, surtout, risquent d’être un peu pingres, leur situation économique ne cessant de se dégrader. L’abaissement de leurs notes par les agences de notation réduirait encore les possibilités de lever des ressources bon marché. « La table ronde de la SCADD parviendra peut-être à limiter la baisse. C’est une occasion de plaidoyer, mais inutile de songer à des demandes démesurées », prévient un partenaire.

Parmi les Pays les moins avancés (PMA), le Burkina Faso fait figure de chouchou. En termes d’aide publique au développement (APD), chaque année le pays reçoit un peu plus de $ 1 milliard (1,2 en 2009 et 1,1 en 2010). Cela représente 10 à 15 % de son PIB, ou encore 70 à 80 % du budget des investissements de l’État.

L’aide budgétaire, à double tranchant

Reconnu comme un pays plutôt bien géré, depuis une dizaine d’années il bénéficie d’appuis budgétaires de la part de ses partenaires. « L’aide budgétaire est une bonne chose. Cela traduit une confiance des bailleurs de fonds dans la gestion des finances publiques d’un pays. Tout le monde doit être fier que le Burkina bénéficie de cette aide budgétaire de la part de ses partenaires financiers », commente G. Sotirova.

Néanmoins cette aide peut être facilement suspendue. Une crise, des tensions suffisent à entamer la confiance et la machine s’enraye. Et les événements du premier semestre 2011 l’ont montré : « certains bailleurs de fonds, notamment multilatéraux, ont été réticents à décaisser leur aide budgétaire au plus fort des mouvements », selon un observateur du sérail.

Pour nombre de bailleurs, il est important de conserver des appuis-projets ou programme. Ces appuis-projets sont plus appropriés, notamment, pour renforcer les capacités ou les transferts de technologies.

Pour G. Sotirova, « Si toute l’aide venait sous cette forme, en cas de blocage les conséquences seraient graves pour les populations vulnérables, ou le système d’éducation et de santé. Du côté de la Banque, on maintient l’équilibre entre les deux formes d’aide et on ne veut pas aller au-dessus de 50 % de nos financements pour l’aide budgétaire. »

 
 
 
 
   
 
 
 
 
 
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