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Monde A Paris, l’indice Cac 40 termine en repli de 1,60 % à 3.265,69 points. Outre-Atlantique, les marchés suivent la même tendance alors que les craintes d’une baisse de la consommation ont resurgi.
Publié le 30 janvier 2012 à 22h14

(Actu des marchés):Suspendus au sommet des dirigeants européens à Bruxelles, officiellement consacré aux moyens de relancer la croissance et l’emploi, les opérateurs n’ont osé prendre position lundi. A Paris, le Cac 40 termine en repli de 1,60 % à 3.265,64 points, dans un volume de transactions de 3,03 milliards d’euros

Même tendance ailleurs en Europe. Le Footsie londonien se contracte de 1,09 % à 5.665 points, et le Dax à Francfort de 1,04 % à 6.443 points. Même le FTSE Mib à Milan emprunte un chemin baissier (- 1,21 %), passant sous silence le nouveau succès du Trésor italien. Celui-ci a pourtant levé sans problème un total de 3,57 milliards d’euros d’obligations à cinq et dix ans, avec des rendements au plus bas depuis octobre. A New York aussi, les investisseurs guettent l’issue du sommet européen. Peu disposés à prendre des risques avant la conférence de presse, qui pourrait se tenir en début de soirée, et alors qu’en outre les dépenses des ménages américains ont stagné en décembre, les opérateurs américains sont sur leurs gardes. Le Dow Jones cède ainsi 0,70 %, et le Nasdaq Composite de 0,35 %.

Tous les regards sont donc rivés vers le sommet européen qui réunit à Bruxelles les chefs d’Etat et de gouvernement. Au cœur des discussions, l’inévitable question grecque, qui a pris une tournure nouvelle après la polémique suscitée par l’Allemagne de placer Athènes sous tutelle de l’Union européenne (UE). Le ministre de l’Economie germanique, Philipp Rösler, a déclaré dans un entretien au Bild que la Grèce doit abandonner à des institutions externes le contrôle de sa politique budgétaire si elle n’est pas en mesure de mettre en œuvre les réformes prévues dans le cadre du plan de sauvetage international. Un abandon de souveraineté vigoureusement rejeté par Athènes et qui est loin de faire l’unanimité au sein de l’UE. Les négociations s’annoncent donc houleuses, alors même que l’objectif est de redonner confiance et de faire preuve d’efforts communs pour sortir de la crise qui frappe la zone euro. « Il est difficile d’envisager que le sommet se solde par un véritable message d’optimisme et de cohésion », regrettent les analystes de CM-CIC Securities, en pointant du doigt les antagonismes grandissants entre pays européens sur les modalités institutionnelles de résolution de la crise.

Selon des responsables de la zone euro et du Fonds monétaire international, un accord initial sur le second plan de sauvetage pour la Grèce pourrait être conclu cette semaine, lors d’un sommet spécial des dirigeants de la zone euro en février. Il prévoirait une décote de 50 % sur les titres grecs détenus par les créanciers privés.

Outre le cas grec, le sommet de Bruxelles est aussi l’occasion de mettre la dernière main au dispositif ante-crise, notamment le fonctionnement du Mécanisme européen de stabilité (MES) et l’inscription de la règle d’or budgétaire, qui imposera à tous les pays signataires un budget à l’équilibre. Doivent être encore déterminés les modalités de sanction de la part de la Cour de Justice européenne.

La suite de la semaine s’annonce chargée, spécialement sur le front statistique. Pêle-mêle, les opérateurs surveilleront le chômage dans la zone euro, les indices d’activité dans les secteurs manufacturier et non-manufacturier un peu partout dans le monde (Chine, Inde, zone euro, Royaume-Uni et Etats-Unis), l’emploi et la confiance du consommateur aux Etats-Unis.

Sur le front des devises, l’euro corrige à 1,3106 dollar, contre 1,3220 vendredi soir, sous l’effet de prises de bénéfices après un gain de près de 3% la semaine dernière. Du côté les matières premières, le baril de Brent de la mer du Nord cède 24 cents à 110,44 dollars dans le sillage de la remontée du billet vert.

Au chapitre des entreprises, les banques paient le plus lourd tribut à la baisse du marché, doublement pénalisées par l’annonce de Nicolas Sarkozy d’instaurer une taxe de 0,1 % sur les transactions financières à compter du mois d’août et par leur exposition à la dette grecque. Bank of America Merrill Lynch a en outre dégradé BNP Paribas de « neutre » à « sous-performance » et Société Générale de « achat » à « neutre ». La première chute de 7,12 % à 32,175 euros, la seconde de 6,45 % à 19,71 euros et Crédit Agricole de 6,59 % à 4,61 euros.

Axa baisse de 3,39 % à 11,545 euros. Standard & Poor’s a maintenu la note ‘AA-’ de l’assureur tout en l’assortissant d’une perspective négative. L’agence a déclassé CNP Assurances de ‘AA-’ à ‘A+’, avec une perspective négative. Le titre cède 1,43 % à 10,375 euros. A l’inverse, Euler Hermes progresse de 2,13 % à 49,535 euros : Goldman Sachs a relevé le titre du réassureur de « neutre » à « achat » en l’intégrant à sa liste de valeurs préférées (conviction buy list).

ArcelorMittal lâche 4,07 % à 15,685 euros dans le sillage du repli de 1,57 % de l’indice Stoxx 600 des produits de base. Le sidérurgiste va supprimer près de 1.630 postes en Pologne et en République tchèque et diminuer sa production en Europe de l’Est en raison de la baisse de la demande sur le marché européen.

Les autres cycliques reculent à l’image de Renault (- 2,07 % à 32,70 euros), Lafarge (- 3,85 % à 30,565 euros) et Saint-Gobain (- 2,70 % à 33,72 euros).

STMicroelectronics abandonne 3,38 % à 5,196 euros. Citi a abaissé son objectif de cours de 4,80 à 4,60 euros tout en maintenant sa recommandation à « vendre ».

Carrefour plie de 4,08 % à 17,515 euros. Le conseil d’administration a entériné le remplacement de Lars Olofsson par Georges Plassat, qui prendra ses fonctions le 18 juin. Il fera son entrée au sein de la direction dès le 2 avril.

Les valeurs défensives résistent, à l’image d’Essilor qui prend 1,85 % à 56,81 euros. Il s’agit de la plus forte hausse du Cac 40.

En dehors du Cac 40, Kaufman & Broad s’adjuge 1,89 % à 15,65 euros. Le promoteur immobilier bénéficie de la proposition de Nicolas Sarkozy de 30 % les droits à construire afin de remédier à la crise du logement. Son concurrent Nexity perd 0,38 % à 22,055 euros.

 
 
 
 
   
 
 
 
 
 
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