(MTM) - Comme annoncé dans son programme électoral, le président de Zambie Michael Sata enchaine les mesures destinées à revenir sur la privatisation de plusieurs entreprises nationales.
Depuis son arrivée à la tête de l’État depuis septembre 2011, Michael Sata tranche dans le vif. Après une vague de limogeages à la tête des sociétés publiques, l’annulation de la vente d’une banque zambienne à des Sud-Africains et la reprise de 75 % des participations dans l’opérateur privatisé Zamtel, c’est désormais la privatisation partielle de la Zambia national commercial bank (ZNCB), plus couramment dénommée Zanaco, qui est scrutée de près par les fonctionnaires de l’État.
Le nouveau président de Zambie fait feu de tout bois. Après avoir annulé la vente de la Finance Bank of Zambia (FBZ) pour 30 milliards de kwachas ($ 5,2 millions) au groupe bancaire sud-africain First Rand national bank (FNB) au motif que 30 milliards de kwachas avaient disparu des caisses de l’État pendant la transaction, M. Sata est ensuite revenu sur la privatisation de Zamtel. L’opérateur de téléphonie fixe a été vendu en 2010 au groupe libyen LAP Green pour près de $ 257 millions. Quelques semaines après sa prise de fonctions, le nouveau président a ainsi ordonné la reprise immédiate des 75 % que détenait initialement l’État zambien dans l’entreprise, alléguant que cette opération était entachée de graves irrégularités et de forts soupçons de corruption impliquant l’ancienne équipe du président Rupiah Banda. Le gouvernement est actuellement en discussion avec la société libyenne en vue de trouver un accord permettant de la dédommager des pertes subies.
Dernier acte en date de l’inventaire présidentiel, la remise en cause de la vente de 49 % de Zanaco au groupe bancaire néerlandais Rabobank. Fin janvier, M. Sata a mandaté son ministre de la Justice, Sebastian Zulu, afin qu’il conduise une enquête destinée à déterminer les conditions dans lesquelles s’est déroulée cette vente. Pour faire passer la pilule et rassurer les investisseurs étrangers qui commencent à regarder la Zambie version M. Sata d’œil pour le moins circonspect, le porte-parole du gouvernement Fackson Shamenda a expliqué au site d’information zambien lusakatimes.com que tout cela n’était autre qu’ « un contrôle de routine destiné à normaliser des transactions passées dans le secteur paraétatique ». Il a en outre tenu à préciser aux actionnaires et aux déposants que « tout est sous contrôle » et qu’« aucun d’entre eux ne sera touché », quelles que soient les conclusions de l’enquête