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Articles Reussir Maroc : Favoriser les investissements
Publié le 3 février 2012 à 19h43

(oxfordbusiness) - L’ouverture tant attendue d’une nouvelle usine d’assemblage de véhicules au mois de février, dans l’une des zones franches du pays, témoigne de l’expansion de la base industrielle marocaine, à l’heure où le pays cherche à développer les secteurs de l’automobile et des composants automobiles dans le cadre du Pacte national pour l’émergence industrielle 2009-15.

Renault, présent au Maroc depuis plus de 80 ans, lancera dès ce mois-ci les activités de sa nouvelle usine d’assemblage, située dans la zone franche de Tanger (Tanger Free Zone, TFZ). Estimé à 1 milliard d’euros, le site devrait produire 170 000 véhicules au cours de sa première année d’activité, un chiffre que la société espère porter à 400 000 à l’horizon 2014. L’usine débutera sa production avec 2 600 employés, mais devrait voir son effectif atteindre 6 000 personnes d’ici à 2015.

De plus en plus de sociétés du secteur automobile marocain choisissent de s’implanter dans les zones franches, et plus particulièrement la TFZ, le parc industriel et logistique Atlantic Free Zone et la zone industrielle Tanger Automotive City. Outre la proximité du Maroc avec l’Europe – son principal partenaire commercial –, et la main-d’œuvre disponible et qualifiée, les avantages que présentent ces zones renforcent l’attractivité du pays en tant que base industrielle. Par conséquent, les investissements croissants qui affluent dans le secteur devraient faire progresser de façon significative sa part dans le produit intérieur brut (PIB), en créant de l’emploi et en offrant aux marchés européens, ainsi qu’à d’autres pays d’Afrique, une base industrielle pour la production à bas coût.

Les zones franches marocaines ont en effet accueilli plusieurs nouveaux constructeurs automobiles en 2011, notamment la société espagnole Proinsur, qui s’est implantée dans la TFZ. Spécialisée dans l’injection de matière plastique et les composants automobiles, Proinsur a investi 2 millions d’euros dans la création d’une usine de 2 500 mètres carrés. L’équipementier Delphi Automotive, présent au Maroc depuis 1999, a également renforcé les capacités de son usine de Tanger, créant ainsi 1 200 nouveaux postes en 2011. Enfin, le groupe français Inergy Automotive Systems et la société japonaise Denso ont respectivement investi 6 et 12 millions d’euros dans la production de systèmes de composants à Tanger.

L’Atlantic Free Zone, située à Kenitra, a également vu affluer un certain nombre d’investissements réalisés par des équipementiers automobiles. Présente au Maroc depuis 2000, la société japonaise Yazaki, qui emploie plus de 8 000 personnes, a ouvert sa troisième usine fin septembre, tandis que la société japonaise Fujikura et le groupe français Saint-Gobain ont respectivement investi 165 millions de dirhams (14.6 millions d’euros) et 107 millions de dirhams (9.47 millions d’euros) dans de nouveaux sites de production.

En mai 2011, Lear Corporation, qui développe des systèmes de gestion de l’alimentation électrique pour l’industrie automobile, a annoncé la création d’une nouvelle usine de production de systèmes électroniques à Rabat.

Pour satisfaire les besoins générés par ces nouveaux projets, le Maroc prévoit de former 70 000 nouveaux diplômés spécialisés, qui arriveront sur le marché d’ici à 2015. En septembre 2010, l’Agence française de développement a octroyé au Maroc la somme de 20 millions d’euros pour financer le développement de la formation professionnelle dans le secteur ; par ailleurs, un accord portant sur l’octroi de 105 millions de dirhams (9.29 millions d’euros) a été signé en juin avec l’Agence de coopération internationale coréenne pour financer la création de l’Institut de formation avancée aux métiers de l’automobile de Casablanca.

Si le secteur manufacturier marocain poursuit son expansion, plus de 80 % de la production est cependant exportée, en raison de dynamiques commerciales mondiales assez singulières. Depuis 2005, les exportations de véhicules ont progressé de 20.3 % par an en moyenne, une tendance qui reflète l’expansion de l’industrie. En 2010, les exportations ont été chiffrées à 19 milliards de dirhams (1.7 milliard d’euros).

Par conséquent, le Maroc doit continuer à importer des véhicules pour répondre à la demande nationale. En 2011, quelque 112 000 véhicules, dont 99 733 véhicules importés, ont été commercialisés au Maroc, soit une hausse de 9.5 % en glissement annuel. Le nombre de véhicules fabriqués et commercialisés sur le territoire national s’établit seulement à 12 336, soit une hausse de 0.4 % en glissement annuel.

Au cours des années à venir, le nombre de véhicules importés risque fortement d’augmenter, si la décision de supprimer l’ensemble des droits de douane sur les nouveaux véhicules en provenance de l’UE est ratifiée. Les droits de douane ont été progressivement allégés depuis 2003 ; la décision de les supprimer totalement pour les nouveaux véhicules importés de l’UE devrait entrer en vigueur en 2012.

Les véhicules importés des Etats-Unis devraient également bénéficier d’une réduction des droits de douane, de 15 % en 2011 à 12 % en 2012. En revanche, ces droits resteront inchangés pour les véhicules importés d’Asie (17.5 %). Alors que les investissements continuent d’affluer dans le pays, et que le gouvernement déploie des efforts toujours plus soutenus pour développer le secteur à l’échelle locale et régionale, le secteur automobile marocain a de beaux jours devant lui.  

 
 
 
 
   
 
 
 
 
 
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