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REUSSIR N°13 DECRYPTAGE : La priorité à l’Economie ?
Publié le 1er juillet 2007 à 1h40

En promouvant Cheikh Hadjibou Soumaré au poste de Premier ministre, le Président Wade a voulu donner, très certainement, un signal fort de sa volonté politique de « faire de l’Economie, la priorité de son quinquennat ». Prenons-le au mot en attendant de voir ce que cela va donner à la pratique… Alors, quelle lecture économique de cette nomination pour le moins symbolique ? Premièrement, le nouveau PM est l’archétype du grand commis de l’Etat, haut- fonctionnaire exemplaire et gestionnaire rigoureux des finances publiques. Peu bavard, sérieux et loyal, peu porté sur la chose politique, il est en fait le PM que Wade a toujours cherché et qu’il n’avait jamais eu jusque-là. La preuve, Hadjibou n’a jamais accordé une interview à quelque journal que ce soit. Avec son ex-patron et complice, Abdoulaye Diop, ils ont été un duo soudé, efficace et effacé durant tout le dernier septennat. Pas la moindre faille, encore moins la plus petite discordance. Toujours en phase. Une exception remarquable dans les gouvernements du Président. Ils avaient réussi à restaurer l’équilibre des finances publiques, à accroître les recettes budgétaires et engager les réformes devant propulser le Sénégal sur les rampes de lancement de la Stratégie de croissance accélérée (SCA) et d’un environnement des affaires de classe internationale. Ce qui avait conduit à des taux de croissance moyens de l’ordre de 5% jusqu’en 2005. Mais à partir de 2006, avec la recrudescence de la flambée des prix du pétrole, la forte pression de la demande sociale, et aussi politique, on a commencé à noter des dérapages. Surtout au niveau des dépenses publiques qui ont cru de manière exponentielle. Creusant ainsi le déficit budgétaire. Pour une première, depuis bien longtemps, l’Etat central ne parvenait plus à payer ses engagements au titre de la dette intérieure. Du fait d’une forte tension sur le Trésor public. Le contexte pré- électoral n’étant pas pour faciliter les choses, il a fallu alors débourser, plus que de raison, pour « faire plaisir » à tous les corps constitués, engagés dans le processus électoral. Ce qui a eu le don d’irriter les autres corps. Comme celui des enseignants qui ont tenu la dragée haute au Pouvoir jusqu’à obtenir gain de cause. Sur l’essentiel de leurs revendications financières. Même si elle n’est pas grave, la situation reste quand même « préoccupante ». Les clignotants sont, au meilleur des cas, à l’orange. La croissance est au ralenti, l’environnement des affaires n’est pas aussi « attractif » qu’on veuille bien nous le présenter, les blocages structurels persistent encore. Au niveau de la mobilité urbaine, de l’éthique et de la bonne gouvernance, de la fiscalité… Pour dire que les chantiers d’Hercule du nouvel Architecte de la Vision du Président sont bien là et ils n’attendant pas… Aujourd’hui que les élections sont derrière nous, le temps est venu de rattraper ce qui peut encore l’être. Essayer de re-serrer les vis de la dépense publique tout en continuant à accroître les recettes budgétaires, notamment fiscales. Telle est, en principe, la feuille de route du nouveau locataire de la Primature. Et puis, fort heureusement, les dégâts ne sont pas si énormes, le duo devenu le trio Hadjibou- Abdoulaye Diop- Ibrahima Sarr, continuant à bénéficier de la confiance des bailleurs de fonds. Sans aucun doute, ils devraient pouvoir relancer le dialogue et parvenir à collecter des fonds devant assurer la bonne marche de l’Economie. Aussi, Hadjibou aura-t-il besoin d’un soutien politique fort et en permanence du Président pour pouvoir disposer de l’autorité nécessaire pour conduire à bien ses réformes. Mais avec pas moins de sept ministres d’Etat, des politiques purs et durs pour l’essentiel, il faut bien convenir que la tâche ne sera pas aisée pour l’avant-dernier des ministres, devenu par un brusque coup de baguette magique, le Premier de la classe. Surtout pour ce technocrate froid et lisse, qui, jusque là, était totalement apolitique. Sans compter avec le climat délétère de lutte feutrée, en haut lieu, pour la succession annoncée du Président. Autant de paramètres qui impacteront, à coup sûr, l’action du nouveau PM de Wade. Heureusement que dans son Cabinet, il a pu décrocher des technocrates de talent avec qui il pourra composer à merveille afin d’obtenir des résultats très rapidement et « satisfaire la demande sociale ». Telle que proclamée dans tous les discours. Avec Habibou Ndiaye (Commerce), Hamath Sall (Agriculture), Fatou Danielle Diagne (Bonne gouvernance et Compétitivité), sans compter son « fief » des Finances, Hadjibou dispose ainsi d’un bastion solide pour engager le combat de l’Economie. Le seul qui vaille d’ailleurs parce qu’il faut d’abord produire avant de penser à la distribution. C’est aussi élémentaire…

 
 
 
 
   
 
 
 
 
 
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