Si vous voyez un jour le portrait
réussi d’une personnalité politique
ou d’un patron dans son bureau, ça
peut ne pas toujours être une photographie.
Il se peut fort bien que
ce soit l’artiste Oumar Ndiaye qui soit passé par
là. Le portrait, notre bonhomme en connaît un
bon bout. Son coup de crayon est souvent un
chef d’oeuvre. Aussi, est-il l’un des plus grands
portraitistes du pays. Oumar Ndiaye, il s’appelle.
Il se définit comme un « professionnel de
l’art ». Cause ou conséquence, notre artiste
semble transfiguré tant il est ébloui par le Beau.
Après son bac au lycée Blaise Diagne, et guidé
par sa passion, il fera un passage à l’Ecole des
Beaux Arts. « L’artiste peintre est un peu figé. Et un professionnel de
l’art est justement quelqu’un qui a un regard assez profond sur tout
ce qui est beau et esthétique ». Evidemment, il parle un peu de sa différence
ou de la différence entre ses oeuvres et la peinture.
Et puis, c’est un passionné. « Je suis passionné par ce que font les
gens. Et quelque part, je me dis que s’il y a quelqu’un qui fait du bien
pour son pays ; cette personne, il faut la représenter quelque part.
Moi, je le fixe sur une toile ou dans ma tête ». Soit une
forme de reconnaissance. Son « livre d’or » (comme il
le dit affectueusement) que nous avons parcouru, à travers
les témoignages des personnalités de la vie
publique, renseigne sur comment il est fasciné par eux.
Ils sont ministres, ambassadeurs, avocats, directeurs de
société, journalistes (même notre BDW) etc., tous y
sont. Est-ce pour cela qu’il refuse le titre d’artiste au
profit de celui de professionnel de l’art ?
Dans les années 80, son chef d’oeuvre lui avait ouvert
les portes du bureau du tout-puissant Jean Colin, devenu
après un ami. Il soutient qu’une des ses oeuvres portant
sur « Gorée et l’Esclavage », commandée par la
Présidence, sous Diouf, s’est retrouvée à l’Académie
française lors de la commémoration de l’abolition de
l’esclavage.
Il a à son actif plus d’une centaine de tableaux. Celui qui l’a le
plus marqué ? « Mon premier oeuvre, un enfant un peu pensif. Il a
fait presque le tour du monde parce que des Américains et autres
m’ont demandé de le reproduire ». Enfin, M. Ndiaye rend hommage
à Sembène Ousmane, « cet homme de culture et de refus qui a
porté haut le flambeau du cinéma africain ».