Une Diaspora branchée au Pays
Aux Etats-Unis, plus que partout ailleurs, dans le monde occidental, on a comme l’impression que nos compatriotes résident encore au Sénégal. Tellement il n’y a aucune entrave leur empêchant de vivre, pleinement, leur Sénégalité. Que ce soit le Golden Boy de Wall Street ou les Modou-modou en Baay Lat de Harlem …
Ces derniers continuent à vivre en communauté, à manger leur cébu jen ou yassa à midi ou plutôt le soir, à organiser leur gamou ou magal, à militer au PDS ou à Rewmi, à se divertir au son du xassaïde ou du mbalax… Bref, ils sont encore au Sénégal. La distance n’y fait rien. D’ailleurs, la connexion au pays à travers le téléphone ou Internet, c’est en continu…
Quant aux Modou à col blanc, ce n’est pas très différent même s’ils sont plus moulés dans le Système américain. Ils y ont fait leur cursus dans les universités et mènent leur carrière dans un environnement
mondialisé où prime uniquement la compétence. Et rien d’autre. C’est comme si les Américains étaient affranchis des clivages liés à la race, la couleur et même…la religion. Malgré le choc du 11 septembre !
Il n’y a qu’à voir le phénomène Obama et tout le déferlement populaire qu’il soulève. La preuve d’une Amérique, en train de changer littéralement et qui est en mesure de donner des leçons de tolérance, de démocratie et de méritocratie au Monde. Espérons qu’il soit le prochain président des Etats-Unis d’Amérique…
Originellement, la présence sénégalaise dans le Nouveau Monde a commencé quand le Vieux Continent décida de fermer ses frontières à toute émigration non qualifiée. C’était au début des années 80. Ainsi, nos vaillants Modou-modou ont choisi de se déporter sur ce nouvel Eldorado où il fait bon vivre, où on peut se déployer comme on veut… Ce qui a encouragé les autres, étudiants et intellos, à franchir le cap. Au lendemain de la Dévaluation pour la plupart des étudiants du Canada, dont les parents ne pouvaient plus supporter les frais de scolarisation. Et les victimes des plans d’ajustement structurel ayant entraîné un chômage massif de cadres et personnel intermédiaire. Et tous prirent le chemin de l’Amérique…
Ce qui a donné naissance à cette communauté sénégalaise à deux visages que nous présentons, en long et en large, dans le cadre de ce dossier. Pour y arriver, nous avons cassé la baraque ! Plus d’une quarantaine de pages pour raconter, analyser et commenter les faits et gestes de nos compatriotes émigrés au pays de l’Oncle Sam. Sur des questions transversales comme le Home Coming au Retour au Pays, l’Immobilier, le Social, le Transfert d’argent… Nous avons aussi recueilli la première grande interview de l’émigré Souleymane Bachir Diagne, professeur à Columbia University, qui nous dissèque, toujours admirablement, ces points. Comme à son habitude. Merci Bachir !
Enfin, nous avons cherché à mieux connaître les hommes et femmes de notre pays qui nous font honneur en terre d’Amérique. Soit par leurs compétences et performances. Soit par leurs vrais talents de money-makers et de businessmen. On a cherché à dresser le Who’s Who, raconter leur success-story et leur rendre hommage. Ils le méritent. Le Sénégal le leur devait. Et REUSSIR l’a fait…
Dossier réalisé par Baye D. WADE