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REUSSIR N°25 EVOLUTION et EVALUATION du marché immobilier à Dakar
Publié le 1er août 2008 à 22h29

Pour les besoins de cet te analyse, nous allons partir des années 1990 quand les émigrés sénégalais vivant en France et dans d’autres pays d’Europe et d’Améri que ont commencé à rapatrier leurs économies vers le Sénégal avec pour principal objectif la const ruction d’un logement pour leur famille et plus ta rd, des maisons pour la location. C’est ainsi que les banlieues ont connu une grande recrudescence dans la c o n st ruction, de nombreux quartiers ont vu le jour, parfois en dépit du bon sens et sans qu’il y ait un plan directeur de l’urbanisme. Les infrastructures routières n’ont pas toujours suivi et encore moins les assainissements. Des cités bâties suivant les règles de l’art ont é té également créées par des pro m oteurs te l que la SICA P, les HLM, Scat-Urbam et de nombreuses sociétés de const ructions crées par des nationaux et aussi par des étrangers. C et te urbanisation de Dakar et banlieue continue encore au point qu’actuellement, les cités se bâtissent tout au long de la route allant à Rufisque et bientôt cet te ville sera reliée à Dakar par des const ructions. Dans un avenir p ro che, ces const ructions iront jusqu’à Niamniadio. Elles ont déjà commencé à sortir de te rre. En ce qui concerne le péri m è t re de Dakar- Ville ou Plateau, les immeubles de 4 à 7 éta ges et plus sortent de terre à un rythme accéléré. Ces immeubles sont bâtis la plupart, par des Sénégalais, des Sénégalo-Libanais de même que des inve st i s s e u rs étra n ge rs . C e rtaines de ces const ructions sont fa i tes avec des fonds propres dont il faut dire qu’une grande partie provient du commerce info rmel. Malgré la quantité de nouveaux appartements mis sur le marché de la location, les professionnels de l’immobilier n’arri vent pas à satisfa i re toutes les demandes au Plateau et autres qu a rt i e rs résidentiels et d’affa i res. Cela s’explique par plusieurs raisons : 1. Par l’accès des cadres à des postes de commandement, les augmentations des salaires… 2. Par le nombre croissant de nouveaux investisseurs et l’augmentation du personnel cadre dans les entre p rises de la place. 3. Par l’arri vée massive d’étrangers, les Ivo i riens notamment, suite aux événements malheureux de leur pays. Il y a eu aussi des organisations internationales qui ont transféré leur siège à Dakar. Ce qui a provoqué une grande demande d’appartements, villas et bureaux. La ville de Dakar et banlieue comptait dans les années 1960, environ 600.000 habitants. Actuellement, elle en compte près de 3 millions. Plus du quart de la population nationale. Le problème immobilier est donc loin d’être résolu. Le constat que nous faisons est que cette évolution dans la construction immobilière, aussi bien dans le Plateau que dans la p ro che et lointaine banlieue, continuera dans les années à venir. Il est prévisible, vu les différents paramètres étudiés, que cela durera encore au moins une quinzaine d’années si la situation générale du Sénégal reste au niveau actuel de stabilité. Nous nous basons pour dire cela sur les faits suivants :
- Depuis l’avènement de l’Alternance en 2002, le Sénégal connaît un régime libéral propice aux investissements immobiliers. Sa stabilité politique attire les organismes internationaux  ;
- La situation climatique et géographique de Dakar avec un climat tempéré et aussi sur la petite côte, du fait des vents alizés ;
- Sa proximité avec l’Afrique du Nord et l’Europe, la densité des moyens de transport aérien, son port en eau profonde, sa voie de chemin de fer avec le Mali, le réseau routier inter-Etats… Tout cela fait du Sénégal et de D a kar sa capitale, un pôle d’attraction important dans la sous-région. Si un événement imprévisible ne vient pas démonter notre analyse, le marché immobilier suivra une évolution constante dans les années à venir et nous pensons qu’à l’horizon 2020, la ville de Dakar sera l’une des plus belles de la côte ouest-africaine. Pour cela, nous nous basons sur les divers projets d’aménagement, d’urbanisme, routier, assainissement, prévus dans Dakar et environs et dont certains sont déjà en cours de réalisation. Un problème important est celui du stationnement en ville. Il trouvera un début de règlement avec le parking prévu sous la Place de l’Indépendance, si le projet se réalise, et l’exigence faite aux nouvelles constructions d’avoir des garages souterrains. Il est surprenant que personne n’ait eu l’idée de réaliser des immeubles de parking comme cela existe ailleurs. Nous sommes persuadés que ce type de construction serait rentable et serait une solution au problème du stationnement. Concernant les loyers, il est probable que les prix actuels se maintiendront encore 2 ou 3 ans à leur n i veau. Puis, il faut s’attendre à une réduction de ces prix du fait des choix multiples avec les nombreuses constructions, particul i è rement dans les locations d’immeubles de plus de 10 ans. Pour les Immeubles anciens, tout pousse à c ro i re que ces réductions ne seront pas de +30 % par rapport aux prix pratiqués actuellement. Par contre, les nouvelles constructions d’un bon standing pourront, à notre avis, connaître des augmentations par ra pport aux prix pratiqués actuellement, de l’ord re de 10 à 15% en fonction des hausses du coût des matériaux de construction. Nous parlons, évidemment, des loyers raisonnables calculés sur la base des surfaces dites corrigées et non pas des loyers fantaisistes demandés par certains propriétaires.

LES NOUVEAUX QUARTIERS RÉSIDENTIELS ET D’AFFAIRES

Les quartiers du Point E, Zone A, Fann- résidence, Fann- Mermoz, Almadies, pour ne citer que les zones les plus porteuses sur le plan locatif, sont aussi en pleine expansion. Le Point E est particulièrement recherché actuellement, pour installer des bureaux. Fannrésidence re ste la zone résidentielle préférée, entre autres, des diplomates et fonctionnaires internationaux, ainsi que des directe u rs de sociétés. La zone A et Fann Mermoz sont recherchées par les cadres moyens du fait des loyers plus abordables. Pour les Almadies, le problème est tout autre. Sur ce site s’est crée une véritable ville, avec grand nombre d’immeubles, des très grandes villas, se louant jusqu’à 2 ou 3 millions FCFA par mois, de nombreux commerces, banques, restaurants, hôtels, supermarchés... C’est un quartier particulièrement recherché pour la proximité de l’Aéroport et la facilité d’accès. Entre l’Aéroport et la Patte d’Oie, il s’est créé de multiples nouveaux quartiers, dont la plupart permettent des locations abordables, comme Yo ff et les quartiers autour de la Foire de Dakar. Autour de la VDN, il s’est construit des cités SICAP, dites « de standing », dont toutes sont actuellement occupées. Nous vous donnons notre avis sur les meilleurs placements immobiliers pour les dix ans à venir.

INVESTISSEMENT PORTEUR DE RENTABILITÉ DAKAR- P LATEAU

La zone la plus favorable a un bon investissement immobilier dans Dakar- Plateau est sans conteste le haut du Plateau, c’est- à- dire, entre le Cap-Manuel et l’avenue de la République. Dans cette zone très résidentielle, les loyers peuvent être très élevés. Puis vient ensuite la partie allant du Boulevard de la République à l’avenue Pompidou où la re n ta b i l i té est aussi très bonne pour des immeubles d’un bon standing. En troisième position, le bas de la ville, de Pompidou au passage à niveau Cyrnos.

POINT E

C’est un qu a rtier résidentiel, avec de grandes villas et qui est en pleine mutation avec la construction d’immeubles à usage d’habitation et de bureaux. Il ne se construit pratiquement plus de villas, le prix du terrain étant trop élevé. C’est donc un bon inve stissement que de construire des petits immeubles de bon standing au Point E où l’on peut encore trouver des terrains à vendre.

FANN-RESIDENCE

Cette zone est résidentielle avec une préférence pour les villas avec piscine et grand jardin. Il s’y construit quelques immeubles résidentiels avec piscine commune. Il est encore trop tôt pour se prononcer sur la rentabilité de ce type de construction.

FANN-MERMOZ

Fann-Mermoz est une zone exploitée au départ par la SICAP et par la suite par des particuliers qui y ont construit des villas. Quelques immeubles, en particulier en bordure de la route de Ouakam y sont en construction.

FENETRE- MERMOZ

Elle est constituée par des villas et quelques immeubles construits par la SICAP en bordure de la route de Ouakam. Côté mer, il y a quelques villas particulières. Les villas SICAP à éta ge qui ont été bien aménagées peuvent se louer autour de 600.000 FCFA. Les immeubles ont des loyers relativement bas et sont très mal entretenus. Cette zone n’est pas la plus rentable pour un projet immobilier à moins d’avoir un terrain ach eté il y a 10 ans au moins.

LES ALMADIES

Le prix des te rrains dans cette zone vont de 200.000 à 300.000 FCFA le mètre carré et même plus selon leur emplacement. Plus c’est prés du bord de mer, plus c’est cher. Construire des villas dans cette zone actuellement, vu le coût du terrain, n’est pas très re n table car la durée de l’amortissement est trop longue. Par contre, les petites résidences avec piscine et parkings se louent bien, entre 700.000 et 800.000 FCFA. Pour un appartement de 3 Chambres + Salon. Il y a encore la possibilité d’ach eter des terrains dans ce secteur.

LOYERS PRATIQUES DANS LES LOCAUX À USAGE COMMERCIAL (On entend par ce te rme les locaux ou il se pratique de la vente et achat)

Le montant des loyers de ce type de location n’est pas ré gl e m e n té. Il s’établit en fonction de l’off re et de la demande. Evidemment, la situation gé o graphique du local, ses dimensions, la fa c i l i té d’accès, l’âge de l’immeuble, son état, entrent en ligne de compte pour le m o n tant de la location. En rè gle générale, ces locations se font en fonction de la surface des locaux. Les pri x habituellement pratiqués à Dakar Plateau et dans les nouveaux quartiers va rient entre 5.000 à 10.000 F le m2 hors ch a rges, hors taxes (dont la T. V. A.). Par charges d’immeuble, il faut comp rendre les services rendus par le bailleur dans les parties communes. Exemple : gardiennage, eau, électricité, nettoyage... PRIX DE LOYER PRATIQUES POUR LES VILLAS À DAKAR-PLATEAU ET NOUVEAUX QUARTIERS Le loyer des villas varie suivant leur emplacement, leur surface const ru i te, sa surface du jardin, les aménagements tels piscine, ga ra ge, terrain de jeux, jardin, dépendances domest i ques, etc. et bien entendu la date de construction.

LES VILLAS A DAKAR- P LATEAU

En centre ville, les villas sont en règl e générale de construction ancienne datant de la période coloniale. C e rtaines sont très bien entretenues et rénovées avec des maté ri a u x modernes. Celles-ci se louent entre 500 et 800.000 FCFA par mois, hors taxes. Les villas qui n’ont pas été rénovées et dont l’entretien laisse à désirer ont des loyers allant de 175 à 400.000 FCFA par mois. Elles sont souvent plus petites.

LES VILLAS AU POINT E, FANN- RESIDE NCE, ALMADIES, NGOR, YOFF

A titre d’exemple, une villa située au point E avec living-room, trois chambres, un bureau, deux salles de bains, wc., cuisine, offi c e , ga ra ge, piscine, jardin, dépendance domestique, peut se louer entre 700 et 900.000 FCFA hors taxes. Le même type de villa se louera de 30 à 40% plus cher à Fann- Résidence, et de 15 à 20 % plus cher si elle se trouve aux Almadies, Ngor, Yo ff Ranrar. Ces prix d’entendent hors taxes.

PRIX DU METRE CARRE DE TERRAIN NU TERRAINS NUS AU PLATEAU

Entre l’avenue Po mpidou et la pointe du Cap-Manuel, les terrains se négocient actuellement entre 1.000.000 et 1.500.000 FCFA le m2. Actuellement, ils peuvent aller jusqu’à 2.000.000 FCFA le m2 selon leur emplacement. Entre l’avenue Pompidou et l’avenue Faidherbe, les te rrains se négocient actuellement entre 700 et 900.000 F. le mètre carré. Dans la partie base de la ville allant j u s qu’au passage à niveau Cyrnos, les terrains se négocient entre 600 et 800.000 F le m2. Là aussi, les prix peuvent augmenter actuellement entre 20 et 30%.

POINT E

Le prix du mètre carré de terrain nu au point E se négocie aujourd’hui entre 250 et 350.000 FCFA le m2.

FANN RESIDENC E

Le prix des terrains nus s’y négocie entre 300 et 500.000 FCFA le m2. Les terrains situés face à la mer, entre celle-ci et la route peuvent être autour de 1.000.000 F le m2 pour ceux qui ont un titre foncier.

ALMADIES

Les terrains nus peuvent s’y négocier, suivant leur emplacement par rapport à la mer, entre 300 et 40.000 F. le m2.

FANN- MERMOZ

Dans cet te zone, il est encore possible d’avoir des terrains nus entre 200 et 250.000 F le m2.

NGOR, RANRAR, YOFF

Les terrains dans cet te zone n’ont pas to ujours été immatriculés. Il faut donc véri fier s’il a un titre foncier et savoir à quel nom il est libellé. Les prix des te rrains ayant un T. F. dans cet te zone, peuvent se commercialiser entre 150 et 250.000 FCFA le m2 en fonction de leur emplacement. Plus ils sont pro ches de la mer, plus ils sont ch e rs. PRIX DES APPARTEMENTS

AU PLATEAU IMMEUBLES ANCIENS DE +30 ANS

Ce type d’immeubles anciens se vend en général en totalité. La vente par appartement n’est toujours pas possible du fait que leur const ruction ne permet pas des parties communes accessibles à tous les pro p ri é ta i res ou locata i res. Leur prix au m2 const ruit se situe selon leur emplacement et en fonction de la s u rface du terrain, entre 300 et 500.000 FCFA le m2.

IMMEUBLE ENTRE 10 et 30 ANS

Il est demandé un prix au mètre carré bâti allant de 500 à 700.000 FCFA F.

IMMEUBLE NEUF

Dans les nouvelles constructions, les appartements se vendent actuellement selon leur emplacement et leur standing, entre 800.000 et 1.000.000 FCFA le m2. Il faut signaler certaines const ructions de trè s grand standing, comme ce sera le cas pou l’immeuble prévu en face de l’Assemblée Nationale, les prix de ve n te au m2 pouvant atte i n d re les 2.000.000 FCFA et même plus. En conclusion, nous pouvons dire qu e l’Immobilier à Dakar Plateau et nouveaux quartiers est bien re n table et promet de l’être encore pour les années à venir. Toutefois, il serait bénéfi que de revoir les prix des loyers, tout au moins pour ceux qui concernant les loyers sociaux dont les locataires ont de faibles revenus. Il est également nécessaire de rendre la profession Immobilière plus crédible. Pour cela, nous préconisons des concertations entre professionnels de l’Immobilier en collaboration avec les auto ri tés concernés.

 
 
 
 
   
 
 
 
REUSSIR N°25 A C T U C U L T U R E
 
 
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