Il y a 8 ans que la loi sur la croissance et les opportunités économiques
en Afri que (AGOA) a été adoptée par les parlementaires
américains. Le Sénégal, parmi les 37 pays éligibles, ne parvient
toujours pas à faire accéder ses produits au niveau du march é
américain malgré les facilités offertes.
Au moment où des pays comme le Ghana, Madagascar,
Mozambique, Lesotho, Malawi sont cités comme des cas
d’école dans la course pour l’accès au marché américain, le
Sénégal peine à le pénétrer. Pourtant, le Sénégal a obtenu ses visas
pour les produits textiles et produits artisanaux. Afin d’inverser la tendance,
Wallace R. Bain, expert américain en Commerce extérieur et
Investissement, en visite à Dakar, pense que, le fait que « le Sénégal
bénéficie d’une manière très faible à l’AGOA s’explique pour des rai -
sons liés à la mentalité des hommes d’affaires sénégalais et un envi -
ronnement des affaires pas favorable ». Il a évoqué les difficultés de
financement. « Vos hommes d’affaires ne sont pas proactifs et vos
banques ne prennent pas de risque ». Il a rappelé le mauvais classement
du Sénégal (165e sur 178 pays) dans le Doing Business 2008 qui
est suffisamment édifiant. M. Bain y a ajouté la difficulté des PME à
opérer dans le secteur formel.
Selon lui, le Sénégal est entièrement responsable de son incapacité à
exporter vers le marché US au moment où un pays comme le Ghana y
exporte annuellement plus de 1 million de dollars US. A son avis, « les
hommes d’affaires sénégalais doivent changer de mentalité s’ils veulent
réellement bénéficier des opportunités d’accès au marché américain en
franchise de droit de douane ». Venu délivrer des séances de formation
aux acteurs sénégalais sur les règles d’origine spécifiques qu’offre
l’AGOA, M. Bain pense que la solution est que les acteurs sénégalais
se retrouvent sous forme de groupement pour organiser leurs exportations.
Au terme de sa visite, il affirme avoir senti l’intérêt de beaucoup
d’acteurs sénégalais à bénéficier davantage des opportunités de
l’AGOA. Il s’est félicité des réformes engagées avec la baisse sur la fiscalité
sur les sociétés, la création du Bureau de création d’entreprise en
48 heures de l’APIX, le Guichet Unique qui doit être étendu dans les
régions comme Ziguinchor… Il se dit optimiste pour l’avenir des produits
sénégalais dans le marché américain. Au-delà du textile, il donne
plus de chance à l’agriculture, notamment les fruits tropicaux et les produits
de la mer. Il a fait savoir qu’« en 2007, le Sénégal a exporté 9 mil -
lions de dollars US de poisson dans le marché US ». Pour le textile, il
existe une option que le Sénégal peut exploiter qui est en vigueur jusqu’au
30 septembre 2012, pour exporter des vêtements à base de fils
non originaires des USA.