REUSSIR - ’’On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici’’ titre d’un film pour soutenir les sans- papiers
On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici’’ le slogan des travailleurs sans- papiers qui réclament leur régularisation depuis le 12 octobre 2009 à l’État français donnera son nom à un court métrage réalisé par le collectif des cinéastes souteneurs de la cause des grévistes.
Devant le manque de médiatisation de cette grève qui concerne prés de 6.000 personnes, le collectif qui regroupe 250 cinéastes, parmi lesquels Laurent Cantet, Jacques Audiard, mais aussi des comédiens comme Juliette Binoche ou Charles Berling ont décidé de tourner ce court métrage de témoignages.
Pendant plus de trois minutes, des travailleurs sans-papiers expliquent un à un leur situation.
’’C’est la peur au ventre qui nous fatigue, plus que le travail« . »Tu es enfermé comme en prison« . »Des fois la nuit, si j’y pense je pleure« . »J’ai déclaré mes impôts pour 2003« . »Je paye l’Urssaf, la CSG... j’ai plein de papiers, le seul papier qui me manque c’est la carte de séjour’’. Ces témoignages poignants, tristes parfois, ironiques par moment, se succèdent tout au long du film.
S’inspirant du succès du film Laisse les grandir ici, diffusé pendant la campagne des présidentielles (française) de 2007, centré sur les enfants sans papiers scolarisés en France et menacés d’expulsion, Laurent Cantet (qui a l’idée de départ), réalisateur de Entre les murs et Ressources Humaines accompagné d’autres cinéastes, a pendant treize jours, au mois de février, travaillé sur le film en allant recueillir leurs témoignages sur leurs piquets de grève dans différents sites en Ile de France, explique Christophe Ruggia.
Employés dans des agences d’intérim, dans la couture, dans le bâtiment, dans la restauration, ils sont partout et n’ont qu’un droit : celui de se taire. En cela, la France, ne mérite pas son surnom de ‘’pays des droits de l’homme’. Des hommes et des femmes dignes qui ne volent pas ne mendient pas au contraire des personnes qui travaillent durs, participent à la croissance hexagonale, soutiennent des familles entières en Afrique et que l’Etat français traite comme du bétail sans aucune humanité.
Ce qui est plus révoltant c’est le silence des chefs d’Etats africains ( la plus part des travailleurs sans papiers sont africains) qui évitent trop souvent cette question alors que les transferts d’argent de la diaspora représentent un pactole immense et garantissent un semblant de paix social dans ces pays pauvres.
Le court-métrage est déjà visible sur internet mais à partir du 10 mars, quatre jours avant le premier tour des régionales, il sera diffusé dans plus de 500 salles à travers toute la France.
Il y aurait entre 200.000 et 400.000 travailleurs sans papiers en France, selon les associations.
(Source : le post.fr & Lci.fr)