« Des jus 100% naturels pour l’avenir du Sénégal »

Avec un Master 2  de la FASEG en poche Housseynatou Diallo n’a pas pourtant hésité à aller vendre des bouteilles de jus à ses camarades de classe sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Aucuns complexes pour cette jolie jeune fille récipiendaire de la deuxième promotion de la Fondation Tony Elumelu qui tente de remettre au goût du jour les saveurs et aliments locaux transformés. Les 5000 dollars de gain sont un bel apport  pour sa structure BAAXU MAAM COMPANY qui lui permettront peut être de gagner la confiance d’investisseurs locaux pour s’offrir entre autres, la fameuse chambre froide de 35 millions de ses rêves. Bon courage !


Housseynatou Diallo Baaxu Maam Company

Housseynatou Diallo, BMC

Pouvons-nous avoir une présentation de votre parcours  et de votre projet?

Je suis une jeune diplômée de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, à la faculté des sciences économiques  et de  gestion, où j’ai eu mon Master 2 en pratique de développement. Mon projet consiste à transformer les produits locaux, en jus, en granulés, et tout ce qui peut suivre après. Le constat est qu’aujourd’hui, dans notre pays, on mange mal. Je me rappelle, lorsque j’étais encore au lycée entendre le mot AVC ou cancers était rare. Maintenant, ils font parties les premières causes de mortalité du pays. Après mes études, je me suis demandé comment faire pour aider mon cher pays ? C’est comme ça que je me suis investie dans ce credo. A travers mes recherches j’ai su qu’il y’avait deux causes à ces phénomènes. La première est la  malnutrition que j’évoquais à l’entame de mes propos. La seconde, ce sont les colorants qu’on met dans les boissons. Aujourd’hui les gens mangent mal, ne font plus de sport et comble du tout, l’air est pollué. J’ai donc mis en place ma  société dénommée ‘’BAAXU MAAM COMPANY’’ en réponse  à ces maux. BAAXU MAAM  COMPANY pour  nous rappeler de valeurs de nos anciens. Inviter les gens à se demander pourquoi nos grands parents avaient une espérance de vie assez longue et surtout pourquoi ils n’étaient pas sujets à ces maladies qui font des ravages à notre époque.

Comment Baaxu Maam Company compte-t-il changer les habitudes alimentaires des sénégalais ?

‘’BAAXU MAME COMPANY’’ a pour mission de faire des jus naturels pour les enfants. J’ai choisi les enfants parce qu’ils sont l’avenir du pays. Le Sénégal de demain, c’est aujourd’hui que nous pouvons le construire. Je fais des jus sans colorants, sans conservateurs, et 100% naturels. En guise d’exemples nous avons le  pain de singe  ou ‘’bouye’’. On l’appelle aussi « super fruit », du fait qu’il est riche en calcium, en vitamine C. C’est un antioxydant comme le ‘’Bissap’’. Le ‘’ditax’’ est aussi riche en vitamine C. La liste est loin d’être exhaustive. Nous prenons ces produits locaux et les transformons pour les enfants. Bien après les adultes auront leur tasse de jus. On fait aussi  les granulés que nous vendons au Sénégal. Au fur et à mesure, ‘’BAAXU MAAM COMPANY’’ présentera des produits qui vont entrer dans la chaîne alimentaire.

  • « Avec la Fondation Tony Elumelu on m’a appris le marketing de nos produits locaux »

Comment faites-vous pour la collecte de vos produits ?

Concernant, l’approvisionnement vous êtes sans savoir que je suis une Peulh, et que nous sommes partout présents  en Afrique (Rires). J’ai des contacts à Kaffrine pour le ‘’bouye’’ et le ‘’bissap’’. Mes parents de la Casamance me livrent en  ‘’ditax’’. Je suis d’origine guinéenne, où j’ai aussi des contact qui me servent de relais.

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Mais après la saison d’un fruit local comment faîtes-vous pour garder vos clients habitués à un parfum. Comment vous approvisionnez-vous ? 

Effectivement, j’ai ces problèmes, car je n’ai pas encore de chambre froide pour la conservation. Je ne suis qu’à mes débuts. Il  y’a des problèmes de moyens financières qui se posent. Certes, j’ai fait des demandes d’investissements au niveau du FONJIP, mais cela n’a pas fonctionné. Pour une chambre froide digne de ce nom, il me faut 35 millions, alors que je n’ai que 5 milles dollars, ce n’est pas du tout évident. Depuis lors je suis dans mon coin et j’essaye de trouver la bonne formule pour mener à bien ma  mission.

Comment comptez-vous fructifier vos 5000$ ?

 

D’abord, il faut savoir ce que l’on veut, et savoir là où on veut aller c’est-à-dire être ambitieuse. Je veux produire des jus de qualité. Le problème au Sénégal c’est le marketing de nos produits locaux (packaging, qualité, promotion). Dieu merci avec la Fondation Tony Elumelu on m’a appris tout cela. Avec ce capital d’expérience acquis je pourrai voir mon chiffre d’affaire augmenter sans doute. Alors, au lieu d’aller acheter de nouvelles fringues a Sandaga, comme toutes les jeunes de mon âge, je vais réinvestir l’argent dans la boite. Si  j’ai aussi d’autres fonds qui pourront m’aider dans ma mission, je suis toujours preneuse.

Mon ambition n’est pas uniquement de créer des emplois au Sénégal, mais plutôt dans toute l’Afrique.

 

 

Amayi Badji /// Journaliste Reporter au Magazine RÉUSSIR

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