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ENABLIS

« Vous organiser d’une manière qui permette de structurer l’entreprise dans l’économie formelle ».

C’est l’une des éminences grise du capital investissement mondial. Hervé Schricke est l’ancien Président Association Française des Investisseurs pour la Croissance AFIC et actuel gérant de plusieurs autres fonds évoluant en Afrique. De passage à Dakar pour une Master Class sur le Capital investissement Hervé Schricke est revenu sur les conditions à remplir pour en jouir et les avantages pour l’emploi.


Herve Schricke

Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de Réussirbusiness.com ?

Je suis Hervé Schricke. Je suis président du club Afrique l’AFIC (Association Française des Investisseurs pour la Croissance) qui représente le métier du capital investissement en  France qui gère environ 80 milliard d’euro. En 2015, elle a fait 1700 investissements pour  11 milliard d’euros donc il est un acteur majeur. C’est le plus gros acteur en Europe pour le nombre d’opération. En fait, c’est lui qui est le proche de l’Afrique, le plus proche du tissu entreprenariat Africain.

Vous venez de participer à une Master Class qui regroupe tous les acteurs du monde de la finance au Sénégal pour parler du capital investissement. Expliquez-nous en quoi consiste tout cela ?

Notre métier de capital investissement consiste à accompagner des entreprises, en général mais, quand même beaucoup plus, des entrepreneurs dont nous comprenons la vision et l’ambition. Des entrepreneurs que nous voulons aider au développement dans des perspectives où leurs entreprises vont croître en chiffre d’affaire, croître en emplois sûrs. L’impact du capital investissement est fondamental sur l’emploi. Dans tous les pays du monde où il s’est développé, il y a eu une croissance plus forte de l’emploi dans les entreprises financées par le capital d’investissement que dans les autres.

Fondamentalement, nous sommes dédiés au secteur privé, aux entrepreneurs, aux entreprises qui vont suivre leur chemin de façon aussi autonome que possible. Mais auxquels nous allons apporter des compétences dans l’organisation de la société, dans la structure de gouvernance. C’est-à-dire, la mise en place des différents pouvoirs et contrepouvoir. On investit auprès d’entrepreneurs qui comprennent l’intérêt d’être plus fort en étant plus nombreux, en ayant des capitaux plus important et dont la contrepartie est le partage de la décision. L’entrepreneur qui fait appel au capital investissement n’est plus seul. C’est un avantage. Il est freiné dans cette démarche, en générale, par la peur de partager la décision, de ne plus prendre la décision seul. Ça, c’est un vrai sujet d’évolution au Sénégal comme on l’a connu dans tous les pays qui ont adopté le capital investissement

Que faut-il faire pour incérer dans mœurs des entrepreneurs sénégalais le réflexe de solliciter le capital investissement ?

Je suis dans ce métier depuis 20 ans, j’ai vu son évolution. J’ai été président de l’AFIC qui a plus 35ans d’expériences. C’est à partir des années 2000 qu’on est devenu vraiment fort. Avant, les entrepreneurs étaient très réticents à ouvrir capital. Aujourd’hui, ils comprennent mieux. Donc, pour répondre à votre préoccupation de savoir ce qu’il faut au Sénégal, comme dans beaucoup de  pays Africains, il faut d’abord communiquer auprès des entrepreneurs. Il faut qu’ils  comprennent que c’est intéressant pour eux, de se préparer psychologiquement à partager le pouvoir. Par ailleurs, notre vocation fondamentale est de répondre aux besoins des entreprises et des entrepreneurs. Nous, on n’invente pas les projets, c’est eux qui apportent des projets, nous aidons les entrepreneurs à les formaliser, à définir leurs ambitions. Nous sommes sélectifs, c’est-à-dire, ceux que nous avons choisis sont ceux que croyons être les meilleurs. Il y a une expression qui dit : on le fait confiance qu’aux meilleurs. C’est un raccourci, on se trompe parfois, malheureusement. Mais fondamentalement, nous on veut des projets qui ont une certaine ambition. Des projets dont le dirigeant démontre avant que nous investissions qu’il a la capacité à mener à bon port. L’idée dans une entreprise c’est peut-être 25% de la valeur ajoutée alors que beaucoup d’entrepreneurs viennent nous voir en disant j’ai une idée; apportez l’argent! Ce n’est pas que comme ça marche. Il faut une idée et il faut démontrer que vous avez les personnes qui vont mettre en ordre cette idée. Des ressources qui ont les capacités, les compétences pour réussir. Il faut démontrer que vous avez la volonté de vous organiser d’une manière qui permette de structurer l’entreprise dans l’économie formelle. Nous intervenons que dans l’économie formelle.

Parler d’économie formelle n’est t-il pas frein dans des pays comme le Sénégal où l’informel occupe une grande place dans l’économie ?

L’une des difficultés au Sénégal comme dans les pays émergents en général, c’est que l’économie informelle est très importante. Donc, la société dans laquelle on envisage d’investir nous montrer sa volonté de se développer exclusivement dans l’économie formelle, même si elle n’y est aujourd’hui. Il faut qu’on puisse, nous, comprendre avec l’aide de conseils : avocats, fiscalistes et auditeurs financier quel est le risque que l’on prend ? Qu’es-ce qu’il faut faire pour investir dans une structure sur laquelle y aurait pas de risque fiscale ou douanier ? Parce que l’entreprise n’aurait pas  été développée initialement dans l’économie formelle. C’est un vrai sujet de difficultés, parce qu’il y’a des entrepreneurs qui viennent nous voir mais, ils ont tellement duré dans l’informelle qu’on n’est pas très sûr de pouvoir régulariser les choses. Parfois on va créer une structure à côté et on va aider surtout l’entrepreneur à se projeter dans l’avenir, dans un monde qui va être plus structuré.

Capital investissement est lié à l’épargne mais on sait que dans nos pays c’est un problème pour l’avoir encore plus pour les placer ?

Le capital investissement, c’est effectivement des compétences d’une part et de l’argent d’une autre part. Réunir les hommes compétents c’est une chose mais pour les fonds, c’est de l’argent qu’on recueille auprès des institutions qui ont des capitaux. Aujourd’hui, c’est beaucoup d’institutions de financement dans les pays en développement à partir des structures comme Proparco pour la France FMO pour les Pays-Bas, la SFI pour la Banque Mondiale. Il y a pas mal d’argent mais, ce n’est pas suffisant. L’épargne  dans les pays africains comme ailleurs elle est souvent regroupée auprès de compagnies d’assurances, des fonds de gestions etc. Il faut que ses structures soient encouragées à orienter une partie raisonnable de cette épargne vers des entreprises et donc vers le capital investissement. Pour ça, il faut qu’elles soient  rassurées sur le fait qu’il y a des équipes compétentes pour gérer cette épargne dans les fonds d’investissement. Les propos de notre Master Class c’est de préparer le recrutement, en nombre, de cadres bien formés car pour qu’il y ait plus de fonds il faut plus d’équipes. C’est un peu la poule et l’œuf : il faut de l’argent, il faut des hommes et des femmes et il faut arriver à tout mettre en commun au même moment.

Ne faut-il pas regarder ailleurs, vers la diaspora par exemple pour financer les économies africaines quand on voit la manne financière qu’elle envoie au pays ?

Je crois beaucoup personnellement à l’épargne de la diaspora. La question est : comment  je la mobilise ? Comment rassurer la diaspora sur le fait que l’argent qu’elle a envi de mettre dans son pays d’origine va être bien employé ? Encore une fois, il faut structurer les fonds. Il faut rassurer. Il faut peut être qu’il y est un mécanisme de garanti comme le FONGIP. Qu’il soit ce véhicule. Le capital investissement en Europe s’est développé avec des aides fiscale, des aides financières, des prises de risque par l’État qui prenait une part de risque des fonds en disant : « j’accepte de garantir 25% et c’est moi prend la  première perte ». Je pense qu’on n’échappera pas à une intervention de l’Etat, sous différentes formes éventuellement comme les avantages fiscaux mais on va vers l’incitation à la création de fonds. Ce qu’on est capable de faire, c’est d’aider les Etats à apprécier les différente mesures de la façon dont elles ont été performantes dans d’autre pays. Le capital investissement cela se développe par définition par ses Etats qui créent l’environnement favorable avec la création de fonds. Il faut que l’environnement soit favorable à la création d’entreprises. Il faut une assez grande liberté sachant que l’épargne voudra toujours qu’il y ait beaucoup de contrôles, beaucoup de transparence.

 

Amayi Badji
Amayi Badji /// Journaliste Reporter au Magazine RÉUSSIR

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