Ignorée par l’Etat et les entreprises

Parler de RSE au Togo n’est pas chose aisée. Cette notion n’est pas encore entrée dans la culture des entreprises, encore moins des pouvoirs publics.


Cet état de fait s’explique, selon Mme Inès Attiba, co- organisatrice du «Forum RSE Togo 2015», au fait que les organisations et entreprises n’ont pas encore intégré la RSE dans leur vision stratégique.  «Si les conventions sectorielles des entreprises déterminent leurs responsabilités sociales, le constat dans la réalité est tout autre», se désole Mme Attiba. Sauf quelques entreprises s’efforçant de mener des actions en faveur des populations locales, mais les conventions signées ne sont toujours pas respectées. Pourtant, les organisations apporteraient une aide appréciable à la résolution des problèmes environnementaux si elles respectaient leurs engagements sociaux.

Au vu des défis auxquels sera confrontée l’Afrique dans années à venir, il urge que les dirigeants prennent conscience qu’un développement économique soutenable ne peut se faire sans des initiatives de responsabilité sociétale, a soutenu Mme Attiba. Selon elle, pour continuer à gagner en compétitivité et conjuguer performance économique, protection de l’environnement, bien-être social et développement local, il faut que les organisations au Togo intègrent la RSE dans leur vision stratégique.

Comportement transparent et éthique

Mme Attiba explique la RSE comme la «responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement transparent et éthique». Ces dernières années, le Togo s’était engagé à travers l’adoption de nombreuses réformes juridiques et institutionnelles, dans des politiques, plans, programmes et stratégies sectoriels sur le sujet mais les textes dorment encore dans les tiroirs.

Le constat est que les initiatives, qui ont favorisé l’essor du secteur industriel au Togo, restent à contrebalancer les effets négatifs de cette course au progrès sur l’environnement. Les maux sont multiples : érosion côtière, pollutions diverses, production de déchets toxiques, déforestation et surexploitation des sols. Une situation qui fait que les populations riveraines des zones industrielles sont en danger. Et si les problèmes de l’environnement sont du fait de l’action humaine, l’homme pourrait être la solution du fléau, à travers l’engagement social des entreprises.
Les fléaux de l’avancée de la mer et de la déforestation 

Au Togo, le changement climatique est surtout marqué par l’avancée de la mer. L’érosion côtière est facilement observable pour celui qui sillonne régulièrement le littoral. Idem pour le changement des saisons sèche ou pluvieuse.

Au vu des indicateurs actuels de développement du pays et de la situation réelle sur le terrain, le développement durable est encore embryonnaire au Togo. Il faut une impulsion pour encourager la modification des modes de production et de consommation insoutenables.

Les initiatives visant à alerter sur les enjeux RSE et la nécessité de construire les performances économiques autour du bien-être social et de la protection de l’environnement commencent à fleurir. Leurs initiateurs comptent accompagner les organisations dans la mise en œuvre de leurs politique environnementale et démarche développement durable.

Ambroise Elom Kokou Bayita, de l’ONG Association des Jeunes Volontaires au Service du Monde Environnemental (AJVSME), compte saisir la tribune de la COP-21 pour relayer leurs préoccupations afin de protéger l’environnement.

L’Etat togolais a validé sa CPDN

L’Etat togolais a validé sa contribution CPDN. Dans ce document, il a dévoilé ses objectifs en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, l’Association « Parlement National de la Jeunesse pour l’Eau » (PNJE-Togo) vient d’élaborer le «Livre blanc national», en prélude au Sommet de Paris. «Il contient les propositions et recommandations de la jeunesse sur les questions de l’eau, de la sécurité alimentaire et les impacts des changements climatiques. Le constat est que la jeunesse est faiblement impliquée dans les questions de développement, notamment les changements climatiques…», a expliqué  Flamay Ahiafor, président de PNJE-Togo.

Avec Apanews

Amayi Badji /// Journaliste Reporter au Magazine RÉUSSIR

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