Inciter les entreprises à adhérer

Malgré tous les efforts de la direction de la BRVM à informer, sensibiliser et convaincre sur les vertus de la Bourse, seule BOA Niger y est cotée…


«Quand bien même que la BRVM soit performante et compétitive, elle n’en constitue pas encore une solution, sinon une alternative au financement de nombreux projets portés par les agents économiques. Que ce soit les Etats, les entreprises ou les collectivités territoriales», explique Idrissa Seydou Magagi, Directeur de l’Antenne BRVM Niger, qui déplore que bon nombre d’entreprises nigériennes continuent à être privatisées par la voie classique. Pour lui, il aurait été plus bénéfique d’ouvrir le capital de ces entreprises à d’autres investisseurs pour, d’une part, lever des fonds en vue de leur modernisation, mais surtout pour limiter les risques.

Dans l’optique d’intéresser davantage les acteurs économiques à la Bourse et les amener à recourir aux services de la BRVM, ses responsables locaux déploient de grands moyens, notamment à travers une vaste campagne de communication.

Depuis la mise en place de l’antenne BRVM au Niger, de multiples actions de communication ont été faites à l’endroit des acteurs économiques, responsables des sociétés privées comme publiques et même en direction des décideurs que sont : les membres du gouvernement. «Des séances de présentation ont été menées à l’endroit des entreprises, mais aussi les employés qui peuvent aussi tirer avantage de la Bourse en y plaçant leurs économies», rappelle-t-il.

Outre la 3ème édition de la «Journée de la BRVM», en juin 2015, la Bourse a initié un séminaire gouvernemental à l’intention des autorités sur les enjeux de la Finance islamique et le Marché des capitaux de l’UEMOA. En l’occurrence, il a été question du financement des grands projets et des investissements publics à travers les émissions des bons du Trésor, les emprunts obligataires et même le financement bancaire classique. En effet, pour le Directeur de la BRVM Niger, le pays gagnerait davantage en privilégiant le recours aux emprunts obligataires pour financer son économie – la dernière émission de 25 milliards a eu lieu en 2013. Il a évoqué le cas de la Côte d’Ivoire qui y a recours, pratiquement chaque 3 mois, sa dernière opération étant d’un montant de 120 milliards FCFA.

Toujours est-il qu’en vue de donner aux populations et opérateurs économiques, en particulier, des informations en temps réel, la BRVM a initié en août 2016, en partenariat avec la compagnie de téléphonie MOOV Niger, «Info BRVM». Ce système d’information via les téléphones permettra, certes de disposer des informations sur la Bourse, mais surtout de renforcer leurs connaissances sur la Bourse en vue d’une prise de décision efficiente.

 Le Sukuk, une alternative aux obligations classiques

Le Sukuk est un produit dérivé de la Finance islamique. «C’est un titre financier respectant les préceptes de la Charia et qui pourrait booster les capitalisations boursières, dans nos sociétés, où la religion constitue souvent un frein à la capitalisation en bourse et même à l’emprunt, la prise d’intérêts étant interdite», explique M. Magagi.

Il y a des années, Amadou Boubacar Cissé, alors ministre du Plan, avait annoncé que le Niger allait recourir au Sukuk pour une valeur de 150 milliards FCFA. Depuis lors, rien. On dirait même que ce n’est plus à l’ordre du jour. Mais ce qui est certain, poursuit toujours M. Magagi, ce type d’opérations va forcément s’imposer, eu égard aux capitaux que les Sukuks drainent sur les grandes places financières du monde. Ceci est d’autant plus certain que depuis octobre 2016, la BRVM a admis à sa cote ses 5 premiers Sukuks émis par la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Togo.

Toutes ces actions, selon M. Magagi, devraient permettre d’instaurer une culture boursière devant inciter les opérateurs à recourir de plus en plus à la Bourse. Surtout si on ouvre le capital des entreprises d’Etat à la Bourse, ce qui ne serait qu’un juste retour des choses. Pour lui, «cela permettrait à chacun d’être actionnaire des entreprises publiques qui marchent, mais cela procédera surtout d’une certaine redistribution des bénéfices», conclut-il.

Amayi Badji /// Journaliste Reporter au Magazine RÉUSSIR

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