Des perspectives prometteuses en 2017

Passé la transition politique qui a accouché d’un nouvel exécutif, l’économie du pays devrait s’améliorer en 2017 avec la mise en œuvre des réformes.


Roch March Christian Kaboré, Burkina Faso

Malgré les incertitudes politiques qui ont pesé sur la reprise de l’activité économique en 2015, le taux de croissance du PIB a atteint 4% comme en 2014. Le FMI table sur une croissance de 5,2% en 2016, prévoyant un rebond lié à une reprise généralisée de l’activité, grâce particulièrement à la mise en production de cinq nouvelles mines d’or. Les deux principaux produits d’exportation du pays, l’or et le coton, participent pleinement à ces projections positives. La production d’or attendue en 2016 serait de 39,2 tonnes et celle du coton-graine devrait enregistrer une hausse de 20,2%, à 700 000 tonnes. Pour 2017, le FMI table sur une croissance de 5,9% et une inflation de 2,6%.

De la SCADD au PNDES

Le tournant économique de 2016 demeure la fin de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement durable (SCADD) au profit du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES), le nouveau référentiel du pays. Elu en novembre 2015, le Président Roch Marc Kaboré veut imprimer sa marque dans la conduite du pays. Aussi, dans une démarche participative, il a lancé le processus qui a conduit à l’adoption du PNDES 2016-2020. A la faveur de la Conférence des partenaires du 7 au 8 décembre à Paris, le Burkina Faso a recueilli des intentions de financements publics et privés d’un montant d’environ 18 000 milliards FCFA, sur une prévision de 5 800 milliards. Le coût global du PNDES est estimé à 15 395,4 milliards, dont 63,8% prévus pour être financés sur ressources propres du pays.

Autre évènement, l’avènement d’une nouvelle équipe à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI-BF), sans patron depuis l’insurrection de 2014. Mahamadi Sawadogo «Kadhafi» est à la tête de la CCI-BF pour un mandat de 5 ans. A la suite de l’enquête parlementaire sur le foncier urbain, celle sur la gestion des titres miniers et la Responsabilité sociétale des entreprises minières a rendu son verdict avec un manque à gagner de +551 milliards FCFA pour l’Etat burkinabè.

Au plan évènementiel, le pays a abrité en 2016, des manifestations importantes dont le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) et la 1ère édition de la Semaine des activités minières de l’Afrique de l’Ouest (SAMAO).

De belles perspectives économiques en 2017

L’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a maintenu la note du Burkina dans une perspective positive. Elle a confirmé ses notes «B-/B» de long et court terme. S&P justifie ses notes par la période de stabilité politique que traverse le pays. Même si le gouvernement est confronté à des revendications portant sur une hausse des dépenses dans les services publics, la sécurité et les infrastructures, S&P reste optimiste au regard d’une hausse des recettes fiscales et de la production d’or. D’après les estimations de la BCEAO, l’or a représenté environ 63% du total des exportations en 2015, contre près de 17% pour le coton.

Le Burkina a fait le pari de l’approche «pôle de croissance et de compétitivité». Ainsi, après Bagré (Est) en 2012, le 1er pôle à dominante agro-pastorale, à l’Est, le pays a lancé le processus de création d’autres pôles. Le pôle de croissance du Sahel (PCS) à dominante minière et agro-pastorale devrait être opérationnalisé courant 2017. Déjà, la Banque mondiale s’est engagée à injecter environ 50 milliards FCFA dans ledit Pôle. Le Burkina a été choisi pour le 2ème Compact du Millenium Challenge Corporation des Etats-Unis (MCC). L’enveloppe allouée sera connue à l’issue des échanges avec les partenaires pour déterminer les projets à mettre en œuvre. Le financement va concerner le volet économique et social du Burkina Faso. Le pays avait déjà bénéficié, en 2008, d’un 1er financement d’environ 240 milliards FCFA sur 5 ans.

Quant au Budget 2017, il s’élève à 2 036,3 milliards FCFA au titre des recettes (en hausse de 34%) et 2 455,1 milliards FCFA en dépenses. Il se dégage un déficit de 418,8 milliards qui sera financé par les annonces d’appuis budgétaires et un projet d’emprunt obligataire.

Avec Apanews

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