SAM 2015| L’Afrique veut sa microfinance

Longtemps annoncée comme un moteur d’inclusion financière, la Micro-finance tarde à jouer ce rôle. Un déséquilibre à corriger. C’est le sens de la Semaine Africaine de la Micro-finance (SAM), tenue à Dakar du 29 juin au 3 juillet.


Moustapha DiopAvec +400 participants venus de partout, la SAM a permis de revoir les goulots qui étranglent l’éclosion d’une Micro-finance au service du développement.

Selon Ousmane Thiongane, Président du Comité de Pilotage et du Réseau Africain de Micro-finance (AFMIN), l’événement regroupe les 4 réseaux régionaux (AMT, AFMIN, AFRACA et MAIN) regroupant 140 IMF et 23 Associations professionnelles d’IMF. «Il s’agit de faire du SAM, un événement mondial qui va contribuer à l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en aidant les populations à accéder aux systèmes de financements adaptés à leurs besoins. Nous avons tous compris que la Micro-finance doit être adaptée aux réalités africaines», explique-t-il.Tout le sens du thème choisi pour cette 3e Edition. «Innover pour accélérer la finance rurale».

Aujourd’hui, si le secteur a des difficultés, c’est que les taux sont trop élevés. Selon Mamadou Lamine Guèye, Président de l’Association des Professionnels des Systèmes Financiers Décentralisés (AP/SFD), même s’il ne faudrait pas occulter le travail des IMF dans le financement de l’agriculture en milieu rural, «la SAM permet de donner un nouvel élan. Il s’agit de partager les meilleures pratiques pour plus efficacité des SFD»,a-t-il expliqué.

Acteur de premier plan du secteur, le Luxembourg comptese positionner encore davantage. Hébergeant près de 52% des fonds en Micro-finance et consacrant 15% de ses investissements à l’Afrique, le pays a dépêché son Premier Ministre,Romain Schneider,pour participer à la SAM.Parlant de leur contribution via l’ONG ADA (Appui au Développement Autonome), Mme Martine Schommer, Ambassadeur de Luxembourg, estime que l’objectif est clair. «Nous allons lier notre savoir-faire financier à la Micro-finance pour l’aider à atteindre ses objectifs», a-t-elle assuré

Par ailleurs, décidé à doper le secteur, le Sénégal est en phase de boucler sa 2e Lettre de Politique Sectorielle (LPS). «Ce qui va l’aider à faire de la Micro-finance, un moteur de la transformation structurelle de l’économie», a salué le ministre en charge de la Micro-finance, Moustapha Diop.

De la création d’un espace commun d’échanges sur les problématiques de la Micro-finance à la collaboration des acteurs de l’inclusion financière pour faire progresser de nouvelles approches technologiques et faciliter les partenariats public privé (PPP), en passant par la synergie entre les réseaux d’émergence régionale et continentale, la SAM est un véritable conclave de la Micro-finance.

Oumar Fédior /// Journaliste Reporter au Magazine RÉUSSIR

Réagir

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.