Le Sénégal gagne 7 places, mais ne rentre pas dans le lot des 100 premiers

De 147 en 2017, le Sénégal est passé à la 140 è place dans le rapport 2018 du Doing Business dont le lancement a été fait hier.  Malgré ce bond qualitatif réalisé, le Sénégal devra encore fait des efforts pour effectivement atteindre son objectif de rentrer dans le lot des 100 premières économies du monde.


Amadou BA Ministre de l’Economie et des Finances

Félicitations ! Bravo ! C’est consécutivement de cette manière que la directrice régionale de la Banque Mondiale Louise Cord et Oumar Seydi, le directeur de l’International Finance Corporation (IFC) basé au Niger, ont commenté les résultats performants de la Mauritanie, du Niger et du Sénégal dans le rapport 2018 du Doing Business. Le lancement dudit rapport commémorant le 15è anniversaire du Doing Business sous le thème « Réformer pour créer des emplois » a été effectué le mardi 31 octobre 2017 dans les locaux du siège de la Banque Mondiale, en vidéo conférence entre Dakar, Niamey, Nouakchott, Accra et Washington.
Dans ce nouveau document sur le climat des affaires dans 190 économies du monde, le Sénégal a fait un bond qualitatif de 7 places en passant de la 147è en 2017 à la 140è place. Mais l’objectif fixé consistant à entrer dans le lot des 100 premières économies n’a finalement pas été atteint.

Invité à se prononcer après avoir suivi l’évènement, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ a d’abord rappelé l’importance du Doing Business dont le lancement du rapport annuel est devenu un moment très attendu pour découvrir l’appréciation faite sur les efforts de gouvernance, pour l’amélioration du cadre des affaires. « Nous pouvons considérer le Doing Business comme l’une des meilleure unités de mesure de nos progrès vers le développement économique » a soutenu Amadou Bâ.

Par rapport au résultat, le ministre des Finances a soutenu que l’évolution de la position du Sénégal dans le classement, depuis l’arrivée de Macky Sall à la tête du pays, s’est encore confirmée cette année. « Notre pays enregistre un bond en avant de 7 places, par rapport à notre classement de l’année dernière. Mieux encore, en matière de réformes, le Sénégal fait partie des 5 meilleurs réformateurs d’Afrique. Ces avancées sont à saluer et à consolider. Et le gouvernement ne ménage aucun effort pour maintenir le rythme des progrès pour la facilitation des affaires dans notre pays » a apprécié le ministre de l’Economie.

Dans le détail, le ministre renseigne des éléments de réformes qui ont permis au Sénégal d’enregistrer un bon résultat dans le Doing Business 2018.  Amadou Bâ a ainsi fait état de la baisse du coût de création d’entreprises, la réduction des mutations d’immeubles au profit des PME, avec une diminution des émoluments des notaires à un prix forfaitaire de 500.000 FCFA pour le transfert de propriété d’un immeuble dont la valeur est inférieure à 40 millions FCFA, en plus de la réduction de moitié du salaire du Conservateur. Il y a également, toujours selon le ministre de l’Economie, des mesures de réduction des coûts de raccordement à l’électricité et à l’amélioration de la fiabilité du réseau d’électricité, avec la baisse de la durée et de la fréquence des coupures de courant, la baisse des délais de branchement à l’eau, la réduction des délais de remboursement de crédit de TVA et la baisse des délais de règlement de différends commerciaux grâce à un meilleur encadrement de la durée de jugement. « Notre classement dans le top 5 des meilleurs réformateurs africains intervient à un moment où le Sénégal est également dans le peloton de tête des pays du continent ayant les taux de croissance les plus forts. Nous attendons un taux de 6,8% pour cette année 2017 et nous projetons d’atteindre 7% de croissance en 2018» a insisté Amadou Bâ.

«Il y a des progrès, mais il y a beaucoup d’efforts à faire»

A l’issue du diagnostic d’Oumarr Seydi, directeur d’IFC informant des 650 millions d’africains sans électricité, des 350 africains sans eau et du faible taux de 0,5% d’africains ayant accès à internet, malgré le résultat enregistré par le Sénégal, le constat des autorités, plus précisément Mme Louise Cord,  reste le même quant aux efforts à faire pour améliorer le climat des affaires.

Cela est d’autant plus vrai qu’il se reflète dans les résultats obtenus par le Sénégal sur les indicateurs pris individuellement. Sur une liste de 190 économies, le Sénégal occupe la 140 è place dans la facilitation à faire des affaires, la 63è dans la création d’entreprises, 145è dans l’obtention de permis de construire, 118è dans le raccordement à l’électricité, 121è dans le transfert de propriété, 142è dans l’obtention de prêts, 138è dans le paiement des taxes, 178è dans l’exécution des contrats, et 135è le règlement de l’insolvabilité.

Après avoir informé des acteurs tels que l’administration, le secteur privé et même la société qui se présente en véritable « lanceur d’alerte pour bousculer le gouvernement à faire plus et mieux », Mme Khoudia Mbaye, le ministre de la Promotion des Investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices de l’Etat, invité les acteurs à la persévérance. « Le monde de demain appartient aux plus rapides et aux plus efficaces, et nous voulons appartenir à ce monde là » a soutenu Khoudia Mbaye.

Venu représenter le secteur privé, le président du conseil national du patronat (CNP), Beydi Agne s’est réjoui des avancées enregistrées par le Sénégal et a appelé les autorités à poursuivre le schéma des réformes pour une meilleure amélioration du climat des affaires.

S’inspirer du Kenya…

En faisant ses recommandations aux pays de la région impactés positivement par ce rapport, Mme Louise Cord, après avoir invité les gouvernements à s’inspirer du Kenya, a émis une série de recommandations. « D’abord, il faudra continuer à simplifier la fiscalité des affaires et l’effectivité du contrôle de douanes, poursuivre la modernisation de l’administration, généralisation du télépaiement à tous les usagers, renforcer le contrôle des importations,  encourager les efforts visant à améliorer la justice commerciale avec l’implantation d’un tribunal de commerce, entre autres. Des pays comme le Kenya constituent des exemples intéressants sur lesquels s’inspirer » a lancé Mme Cord.