«Le temps de l’Afrique ce n’est pas demain, c’est maintenant»

Avec une signature de 13 accords de coopération en aval de la cérémonie d’ouverture, la 3ème édition du Forum Investir en Afrique tenue à Dakar, a été le moment choisi par le Président Macky Sall pour plaider la cause du continent. Il a ainsi sifflé le début de son émergence. Pour Macky Sall, le temps de l’Afrique c’est maintenant et non demain.


Le Président Macky Sall au 3è IAF

Le Président de la République du Sénégal a choisi la tribune de la 3ème édition du forum « Investir en Afrique » dont les travaux ont démarré hier à Dakar, pour un marathon économique de 72 heures, pour siffler le début de l’émergence du continent. Après l’Ethiopie et la Chine c’est au tour du Sénégal d’abriter cette édition sous le thème « Accélérer le développement de l’Afrique par l’innovation ».

Comme dans une synchronisation de son propos avec celui du vice Président de la Côte D’Ivoire, Daniel Kablan Duncan qui a exposé un diagnostic clair de la situation économique du continent, le Président Macky Sall n’ pas mis de gants pour inviter les partenaires à cesser de reléguer le continent au second plan et de le renvoyer à un futur lointain. Pour lui, l’avenir de l’Afrique c’est maintenant. « Le continent est en quête d’émergence et le sujet de cette édition en est une illustration suffisante. Il sa’gira donc de rompre avec la méthode du « business as usual », c’est-à-dire la méthode classique de faire des affaires. Il faut passer à l’e-government, la gouvernance numérique. Pour innover il faut changer les méthodes et les paradigmes de partenariats. L’Afrique doit être considérée comme une partie prenante qui dessine les lignes du futur. Le temps de l’Afrique ce n’est pas demain, le temps de l’Afrique c’est maintenant » a lancé le Président Macky Sall sous une salve d’applaudissements des participants qui ont adhéré au discours engagé du chef de l’Etat.

Poursuivant sur le même tempo, le chef de l’Etat a invité les participants à réfléchir sur les meilleures façons de réussir les investissements. « L’Afrique a des ressources, elle a des besoins mais elle offre des opportunités pour que dans le cadre de ses partenariats on puisse parler de partage de prospérité. Certains de nos dirigeants ne veulent pas entendre parler du chemin de fer, mais pour développer notre commerce intra africain, il nous faut construire les rails régionaux et des infrastructures de connexion comme les routes et les ponts. Et, même si de nombreux défis sont à relever, de bonnes nouvelles s’annoncent un peu partout sur le continent » a expliqué le Président Sall.

En amont de cette forte déclaration du Président Sall, le vice Président de la Côte d’Ivoire, Daniel Kabaln Duncan a renseigné que les échanges commerciaux entre l’Afrique et la Chine, la principale partenaire de cette initiative, ont été accélérées pour atteindre 300 milliards de dollars cette dernière décennie. « L’Afrique est visible sur la carte économique du monde du fait de sa moyenne de croissance de 5% supérieure à celle mondiale qui n’est que de 2,8%. L’Afrique possède 60% des terres arables disponibles dans le monde. Elle fera 2,6 milliards d’habitants en 2050 avec 40%  de jeunes de moins de 15 ans. C’est un véritable creuset d’intelligence et de main d’œuvre si elle est bien informée et en bonne santé » a analysé M. Duncan. Avant de constater la faible part de l’Afrique dans la commerce mondial qui est de 3%. Et de suggérer la piste de solution pour régler ce problème. « Pour rattraper ce retard de l’Afrique, l’introduction des technologies par l’innovation est incontournable. L’innovation est le raccourci le plus efficace pour atteindre le développement de l’Afrique » a défendu Daniel Kablan Duncan.

Partenariat Afrique Chine et signatures d’accords de coopération

Du côté du directeur administratif du Groupe de la Banque Mondiale, Shaolin Yang, cette conférence vise à catalyser les investissements dans le continent. En droite ligne avec le thème, M. Yang est convaincu que le futur du continent passera par sa capacité d’embrasser et d’adapter les technologies pour innover.  « Pour relever le défi des challenges auxquels l’Afrique fait face nécessite d’importants investissements. Pour sa réussite, le secteur privé mondial doit changer sa conception de l’Afrique » a plaidé Shaolin Yang.

Le vice ministre des Finances de la Chine, partenaire principale de cet évènement en collaboration avec la Banque Mondiale, Yaobin Shi estime que le pari ne peut être relevé que si le partenariat cible les besoins les plus urgents et améliore le climat d’investissement avec des réformes pour alléger les inquiétudes sur les risques des investisseurs privés. Et sur ce point précis, le Président Macky Sall a rassuré le partenaire en défendant le fait que ce sont les institutions étrangères qui surévaluent les risques en Afrique. « Les risque ne sont pas aussi élevés qu’on peut le penser. Et je crois même qu’il faut initier une réflexion pour les ramener à leur juste proportion. Et il faut signaler aussi que nous avons des acteurs sérieux  dans le privés » a plaidé le Président Sall.

Pour le vice-président de la banque chinoise de développement,  Yongsheng Wang, l’Afrique représente  le plus grand partenaire économique de la Chine. Il a ainsi informé que plusieurs dizaines de PME africaines sont d’origine chinoises.

Le forum Investir en Afrique (IAF)  étant une plateforme mondiale mise en place pour faciliter la coopération multilatérale et favoriser le développement des investissements chinois sur le continent, cette 3ème édition a vu la signature d’une série de treize (13) mémorandum d’entente avec des pays africains. Du côté du Sénégal, trois accords de coopération ont été signés. Il s’agit du renforcement du secteur agricole entre les ministères de l’Agriculture du Sénégal et de la Chine et la banque Chinoise de Développement. Puis la coopération entre la Banque Chinoise de Développement et le ministère de l’Economie, des Finances et du Plan du Sénégal. Et enfin, la coopération pour le développement et l’investissement dans les énergies renouvelables entre le ministère de l’Energie du Sénégal, la Senelec et China General Nuclear Europe Energy (CGNEE).

Réagir

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.