Vente de glace à écailles à Touba : un business à haut risque

Même si les vendeurs de glace à écaille ne se plaignent pas quant au rush de la clientèle pour se procurer leur produit durant le Magal de Touba, ils sont toujours sur la pointe des pieds pour écouler leur chargement.


Pour réduire l’intensité de la chaleur dans la capitale du Mouridisme, fans le cadre de la célébration du Grand Magal de Touba, tous les moyens sont bons ; de l’éventail, à l’acquisition de ventilateur en passant par l’installation ou la réparation des climatiseurs chez les plus nantis, tout y passe. Mais, l’utilisation de la glace, semble la meilleure astuce pour s’en sortir. D’où le caractère florissant du business de la commercialisation de la glace à écailles.

Basés un peu partout dans les grandes artères de la ville, particulièrement sur la corniche de Ndamatou, des camions frigorifiques lourdement chargés s’activent dans ce domaine avec à leur bord des équipes de jeunes hommes très dynamiques.

La trentaine bien sonnée, Mouhamed Mbow a quitté Joal depuis trois jours, en compagnie de deux autres camardes pour tenter d’écouler leur camion de 9 tonnes de glace à écailles. Ne lésinant point sur les moyens, Mbow a bien procédé aux dernières réparations de son véhicule pour éviter autant que possible les pertes et les pannes. C’est ainsi que le camion a été remis en état pour mieux conserver la glace. « Nous avons convoyé un camion de 9 tonnes, soit un total de 350 cassettes de glace. Nous nous sommes biens préparés pour pouvoir commercialiser le produit dans la sérénité d’autant plus qu’à cette période de l’année, il y a des heures de rush pendant lesquelles nous faisons de très bonnes affaires. C’est entre 10 heures et 17 heures car avec ce léger début de la période de froid, il y a de la fraicheur le matin et même le soir» a soutenu Mouhamed Mbow.

Informant sur le prix de vente de son produit, Mbow signale qu’il y’en a pour presque toutes les bourses, à partir de 500 francs. « Nous vendons le sceau à 1000 francs, la bassine à 1500 et le sac de 50 kilos à 2000 frs » a-t-il indiqué.

Mais, si pour Mouhamed Mbow et ses deux collaborateurs chargés de d’approvisionner les clients à l’aide d’une grande pelle, les prix sont stables, d’autres camionneurs à leur côté ne peuvent pas se permettre de vendre à un prix aussi élevé. « Lorsque le glace a été préparée dans la précipitation, elle est de qualité moindre et fond plus rapidement. Lorsque me camion n’est bien hermétique aussi, la conservation n’est pas bonne et si on ne le vend pas vite, on risque perdre tout le produit » a renseigné Babacar Dioum pour justifier la non uniformisation des prix sur le marché. Si certains doivent mettre une bâche afin d’éviter que la glace de l’évaporation qui redevient liquide altère le produit, d’autres ont un système bien huilé d’évacuation des eaux par ruissellement.

Pour Babacar Dioum, il y a plus de risque de perte que de possibilité de gain car les frais sont énormes. « La charge de 9 tonnes acquise à 1050 francs la cassette, peut couter au total 550 000 francs. Sur un total de 350 cassettes, prés de 50 sont perdues avec la fonte. Maintenant, en tant que talibé, même si nous voulons gagner de l’argent, nous cherchons en premier à contribuer à la réussite de cet évènement. Et il faut le reconnaitre, c’est comme si le saint homme nous préservait d’une possible perte car on ne se plaint pas, pour ne pas dire que le business marche bien » a conclu