De toute façon le FCFA est condamné…

Le Franc CFA est une monnaie stable. Il ne connait ni inflation ni crise de change. Ces arguments des partisans de la monnaie des pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africain (UEMOA) sont plus que solides si on ne reste que sur l’aspect purement technique. Par contre, si on place le curseur d’un point de vue « instrument de souveraineté », plus aucun de ces arguments ne redevient recevable.

Le fait est que le FCFA, naît de la colonialité comme le dit si bien l’économiste Felwine Sarr, n’a pas été créé par des pays libres pouvant agir comme bon leur semble sur leur destin. Même après les indépendances, les leviers sur lesquels le colon a basé sa création n’ont pas beaucoup évolué.

Au fond, les pays de la zone franc, ont très peu de marge pour agir sur leur politique monétaire. « Pas grave » diront certains puisque la monnaie est stable, mais c’est là que retentit dans nos oreilles les propos de feu le Président Ameth Sékou Touré, qui, le 02 août 1958, devant le Général de Gaulle, avait lancé : » Nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage ». Tout est dit. Le débat sur le FCFA, n’est point un débat sur la qualité technique de la monnaie, mais plutôt sur la souveraineté. C’est une des idées forces que Felwine Sarr a développé lors d’une rencontre organisée récemment par le journal Médiapart.

 » le FCFA est une monnaie née de la colonialité et du point de vue symbolique, avoir sa politique monétaire décider comment la mener, même en se trompant, même en faisant des erreurs, c’est être souverain » a dit l’auteur d’Afrotopia.

De toute façon, qu’on le veuille ou non, le FCFA est condamné. Il va disparaître. Son processus est irréversible. C’est la conviction non seulement de bons nombre de penseurs africains, mais aussi de toute cette jeunesse africaine née bien après les indépendances et qui se rendent compte que celles-ci n’ont jamais été totales.

Comment sortir du FCFA ? Quelle stratégie adoptée ? Depuis les indépendances, justement, le continent a produit d’innombrables théoriciens et techniciens de la monnaie capables de proposer une alternative crédible. Là n’est pas le problème. Sortir du FCFA implique des sacrifices et de la souffrance autrement dit,  il demandera forcément de se mettre au travail. Nos dirigeants actuels électoralistes à souhait, sont loin, à quelque exceptions prés, de vouloir retrousser leurs manches.

Le penseur français Alain Badiou nous montre la voie: « Il faut réinventer le risque et l’aventure contre la sécurité et le confort ».

 

 

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