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Le père de la première voiture sénégalaise se dévoile

Dans un pays où l’on parle d’émergence dans tous les discours officiels, dans un pays où l’émergence est l’alpha et l’oméga des autorités publiques, Baïla Ndiaye doit y avoir une place de choix. Inventeur et concepteur de la première voiture « made in Sénégal », Baïla représente une Afrique nouvelle. Celle qui croit fortement qu’il est possible de sortir de la misère et du fatalisme par la détermination et … ses machines. « L’Afrique ne se développera qu’avec des machines », c’est la conviction qu’il a affiché en rendant visite à Reussirbusiness.  Accompagné de son vieil ami et partenaire Mamadou Sy dit Micky, Baïla Ndiaye, nous a, une heure durant, plongé dans son univers.


 

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Baïla Ndiaye exprimant sa passion et son expertise des machines

 Reussirbusiness : Que diriez-vous pour vous présenter aux internautes de Reussirbusiness ?

Baïla Ndiaye : Je suis consultant industriel et je dirige mon entreprise d’ingénierie à Strasbourg en France. Ma boite réfléchit également à des solutions machines en direction des pays du sud.

Reussirbusiness : Avez-vous fait une école d’ingénierie vous permettant de concevoir ces machines ?

Baïla Ndiaye : Faire ce que nous voulons avec ce que nous avons est une équation trop complexe pour trouver une solution facile dans la voie classique d’acquisition des connaissances. Il n’existe nulle part au monde une école où on apprend à faire entièrement une voiture. Il y’a de nombreux domaines de compétences qui gravitent autour de sa conception. Si on devait se contenter du parcours académique classique, une vie entière ne suffirait pas pour une maitrise globale du sujet. J’ai donc choisi de chercher moi-même dans le déluge de renseignements que nous entretenons avec le monde les informations utiles et sélectives qui conduisent rapidement à la qualification. Je suis donc autodidacte dans de nombreux domaines.

« Si on devait se contenter du parcours académique classique, une vie entière ne suffirait pas pour une maitrise globale du sujet. »

Reussirbusiness : Le virus vous a pris assez tôt alors ?

Baïla Ndiaye : Depuis toujours. Enfant, on avait des jouets que l’on démontait pour comprendre les mécanismes sous-jacents. Pour moi, on nait ingénieur. Bien entendu à cette époque, l’école ne pouvait pas encore, du fait de notre niveau (CEI, CP) apporter les réponses idoines. Donc très vite on a développé cette capacité à chercher l’information.

Reussirbusiness : La plupart des enfants sont curieux, mais qu’est-ce qui fait que vous avez creusé plus que les autres et cherché davantage l’information ? Creusé davantage la réflexion ? Il doit y avoir un point de départ à tout ça.

Baïla Ndiaye : Vous avez peut-être raison. Mon grand-père Ibrahima Sarr est le premier garagiste de la ville de Thiès. Je suis né dans cet environnement. Ne dit-on pas chez nous : Kéweul du tupp Dom jee Beut ?

Reussirbusiness : Etes-vous avec Syndiely (nom du véhicule), le premier inventeur ou concepteur d’une voiture typiquement sénégalaise ?

Baïla Ndiaye : Premier inventeur est un bien grand mot, première voiture aussi d’ailleurs. J’ai juste voulu démontrer que nous étions capables en puisant dans le capital commun des connaissances universelles, de concevoir les outils du développement, des machines adaptées à nos besoins, mais surtout accessibles à notre budget.

Reussirbusiness : Quelle est en ramassé la fiche technique de la voiture ?

Baïla Ndiaye : Syndiely est construite autour d’un moteur BMW K75 moto qui attaque un pont Mercédès modifié pour répondre à la configuration inédite du véhicule. Je l’ai également dotée d’une direction directe par transfert d’angle à assistance hydraulique variable. C’est une injection électronique pilotée par un calculateur avec une boite séquentielle commandée au volant et son freinage est de type ABS.

Reussirbusiness : Si ce n’est que de la récupération où se trouve l’innovation ?

Baïla Ndiaye : Je vous explique, oui, ce sont entièrement des pièces de récupération. Toutefois, vu sous cette perspective, cela pourrait faire penser effectivement à un vulgaire assemblage, Que nenni. Pas un seul des nombreux éléments qui la composent n’est réutilisé tel que dans sa configuration d’origine, tout a été modifié, ajusté, adapté et le reste créé pour répondre aux besoins spécifiques du cahier des charges.

Reussirbusiness : Combien de temps vous a fallu pour la réaliser ?

Baïla Ndiaye : Un an.

Reussirbusiness : Dans combien de pays l’avez-vous présentée ?

Baïla Ndiaye : Je ne l’ai présenté nulle part. Elle a fait le tour du monde toute seule sans aide et sans pistons du seul fait de sa valeur intrinsèque. Elle est passée partout, et partout elle a suscité de l’admiration, parce qu’au-delà de la prouesse d’ingénierie, ce sont les conditions spartiates de sa réalisation qui forcent le respect en révélant l’Afrique sous un jour où on ne l’attendait pas.

Reussirbusiness : Quelles sont aujourd’hui les perspectives qui s’ouvrent à elle ?

Baïla Ndiaye : Syndiely représente un savoir-faire maitrisé qu’il nous faut à tout prix ensemble capitaliser pour en tirer un vrai bénéfice pour notre pays. On peut y lire en filigrane une trame sur laquelle il est possible de tisser tout un tissu industriel. Si nous devions classer les réalisations humaines selon une échelle de complexité, les voitures occuperaient surement le haut du panier. Si nous considérons le principe logique qui stipule que « qui peut le plus peut le moins« on peut raisonnablement dire qu’ au Sénégal on sait maintenant concevoir tout ce qui est moins compliqué qu’ une voiture et presque tout ce qui nous entoure. Nous allons mettre en place une Start up qui va concevoir les outils du développement. Il y a un groupe Nigérian qui est très intéressé. Je suis sénégalais c’est vrai, mais africain avant tout.

Baila & Miki

Micky & Baïla dans les locaux de reussirbusiness

« Syndiely représente un savoir-faire maitrisé qu’il nous faut à tout prix ensemble capitaliser pour en tirer un vrai bénéfice pour notre pays »

Reussirbusiness : Avez-vous entrepris des démarches auprès des autorités publiques sénégalaises?

Baïla Ndiaye : Elle représente une initiative de développement endogène .Moi je n’ai pas besoin de la présenter à qui que ce soit. Je travaille pour mon pays, je travaille pour mon continent, je travaille à la réhabilitation du peuple noir. Je diffuse un message d’espoir pour la jeunesse et c’est tellement exaltant qu’il ne m’en faut pas plus. Je suis persuadé que c’est dans notre génie et notre créativité que se trouvent les ressorts du développement. Les autorités peuvent avoir d’autres convictions l’essentiel est d’œuvrer pour l’émergence.

Ce qui est certain c’est qu’il faut aller au-delà des mots et des discours, au-delà des déclarations d’intention c’est qu’il faut avoir aussi les moyens de nos ambitions. Ces moyens sont entre autres des machines pour une création massive de richesses. Ces machines, ou bien nous nous les procurons au risque de tomber dans le cercle vicieux de la dette qui, est-il besoin de le rappeler n enrichit que le créancier, ou bien nous les fabriquons nous-mêmes. Moi j’ai des solutions machines adaptées à nos besoins et surtout accessibles à notre budget qui est maigre par définition.

Reussirbusiness : Votre voiture brise un tabou, elle prouve que c’est possible de fabriquer des machines chez nous. Mais il y’a un maillon qui manque à la chaine pour que les africains saisissent cette opportunité ?

Baïla Ndiaye : Le maillon manquant pour ne pas l’appeler le maillon défectueux, c’est cette école héritée du colonisateur qui formate nos esprits dans la servilité et la soumission. A la manière d’une bombe à retardement, elle perpétue le travail de discrédit de notre génie et de notre créativité .Voilà comment elle forme des ingénieurs qui ne savent rien faire avec une expertise qui se limite à la « bavardologie «parce son objet est de maintenir l’Afrique sous coupe réglée et surement pas de l’affranchir. Les chaines des négriers d’autrefois ont survécu à l’abolition de l’esclavage, elles ont traversé les déclarations d’indépendance et à l’heure du néocolonialisme elles se sont muées en une formidable barrière mentale bien plus solide que l’acier des chaines des marchands d’esclaves qui nous maintient à notre insu un cran en dessous des autres. Nous avons hérité de nos ancêtres les séquelles de ces périodes douloureuses qui ont fini par saper les bases de notre confiance en nous-mêmes et déstructuré notre personnalité noire. Voilà tout l’objet de mon combat : Briser les barrières mentales

Reussirbusiness : Quel genre d’école conseilleriez-vous à l’Etat par exemple ?

Baïla Ndiaye : Je suis juste inventeur, pas politicien plutôt polytechnicien, je ne cherche pas à changer le monde, juste à changer mon monde.

Reussirbusiness : Si on vous dit l’innovation coute de l’argent ?

Baïla Ndiaye : Sans doute. Avec de l’argent on va plus vite, on va plus loin mais la seule vraie ressource de la vie, c’est la détermination. » Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. » Johann Wolfgang Von Goethe

Reussirbusiness : En dehors de Syndiely, quelles sont les autres domaines dans lesquels vous créez des machines ?

Baïla Ndiaye : Nous avons l’Avion, l’Hélicoptère et la centrale électrique dénommée « Niaxx jarinu »…

Reussirbusiness : Parlez-nous un peu de cette centrale ?

Baïla Ndiaye : Niaxx Jarinu est une centrale qui transforme du travail en énergie. Une personne humaine est capable de produire 150 Watts à l’heure. Usain Bolt par exemple pourrait en produire 800 sur un débit explosif de 10 secondes. Voilà, donc ce sont ces 150 Watts que l’on capture dans des batteries. Dans une maison avec 10 personnes, si chaque personne s’engage à pédaler 1 heure par jour, pour les ménages de consommation moyenne, l’autonomie énergétique est atteinte facilement. C’est une opportunité pour les zones éloignées où le courant n’arrive toujours pas et un palliatif aux délestages. On en est au prototype, maintenant il faut l’optimiser.

« Dans une maison avec 10 personnes, si chaque personne s’engage à pédaler 1 heure par jour, pour les ménages de consommation moyenne, l’autonomie énergétique est atteinte facilement »

Reussirbusiness : Venons-en à l’hélicoptère ?

Baïla Ndiaye : Alors le projet est presque abouti. Nous avons voulu, là aussi montrer le symbole, le savoir-faire. Les américains n’ont pas marché sur la lune pour une opération commerciale, c’était pour le symbole faire un grand pas pour l’humanité. Nous, c’est pareil et surtout briser les barrières mentales qui freinent l’expression du génie noire.

Reussirbusiness:Une toute dernière question Pourquoi Syndiely ?

Baïla Ndiaye: De mon trou perdu de Thiès j’ai voulu m’adresser au monde. Syndiely Wade, qui était l’ambassadrice des femmes africaines dans le Rallye Paris Dakar pouvait apporter cette tribune internationale. C’est donc de façon intéressée que nous l’avons choisie comme marraine pour marcher dans son aura. Malheureusement elle n’est jamais venue, mais nous ne lui en tiendrons pas rigueur parce notre revendication pour une Afrique libre qui prend son destin en main est relayée par les médias du monde entier. Et je dis toujours à propos de ma voiture  » Ku Am sa dom nula nex gua koy tuudée ».

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